‹ François Villon (volume 2)Chapitre 58 sur 402 · Bibl. Nat., fr. 2575, fol · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fr. 2575, fol

Qui n'a couche au vent et à la pluyc, Il n'est digne d'aller en compagnie.

Et voici comment un autre poète errant, le pauvre Michault Taillevent, nous raconte sa « destrousse » par les gens d'armes dans le Beauvaisis '. Il est surpris par la nuit et il lui faut coucher sur le sol, car il n'y a là ni chambre ni porche : Michault considère alors son lit « tout fait en ung buisson » :

Ainsi comme povre esgaré, Estrenné de dures estraines, Regarda lors son lit paré ; Duquel estoient les courtines Toutes de chardons et d'espines, Et la couche de terre dure, Le chevet de grosses racines, Et de ronces la couverture.

Or, bien qu'aucun bruit ne vînt jusqu'à lui, Michault allongeait son cou, comme la grue :

Et avoit l'oreille tendue

A tout lez pour la peur des loupz.

Il écoutait s'il n'entendrait point sonner les cloches des villages voisins, ou le chant du coq au matin, ou les aboîments des chiens ; car ils étaient nombreux alors pour garder les maisons et les villages : c'est surtout pour se défendre d'eux que les voyageurs portaient des bâtons \

Ainsi, tout en transes, Michault attendait l'aurore pour se remettre en route avec ses compagnons d'infortune, des marchands et des charretiers que le poète assure grands et gros. Mais après cette mauvaise nuit, des brigands armés de fer et de vieux jaques devaient enlever tout le monde.

Quant au petit Flatter % qui alla de Bâlc à Montpellier sur sa

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