‹ François Villon (volume 2)Chapitre 59 sur 402 · Mémoires de F. Flatter, p · texte numérisé non relu

Mémoires de F. Flatter, p

quinzième année, portant deux chemises dans sa toile cirée, quelques mouchoirs et quatre couronnes d'or cousues dans son pourpoint, il se rappela longtemps une certaine nuit passée au milieu d'un bois, dans une méchante auberge, à une longue table autour de laquelle des mendiants et des paysans savoyards étaient assis devant des châtaignes rôties, du pain noir et de la piquette : suspects personnages qui, après avoir inspecté les armes des voyageurs, se prirent heureusement à boire et allèrent, chancelants, s'endormir hors de la salle commune, devant un feu qui flambait en plein air.

Mais le voyage n'offrait pas que des suprises désagréables. On y courait des aventures galantes, et c'était là le vrai moyen de s'instruire'. Une femme pouvait devenir votre compagne, déguisée en homme ^. Il y avait des jours de printemps, ni trop longs, ni trop courts, qui incitaient à cheminer en riant et en chantant ; de beaux jours d'été où le soleil vous réchauffait le cœur ; des nuits tièdes pleines de lune ; des couchers de soleil rougeoyants ; des matins lumineux qui annoncent le beau temps :

Le rouge soir et blanc matin C'est la joye du Pèlerin 3.

On n'a malheureusement encore que des renseignements très vagues sur la vie nomade que mena Villon pendant cinq ans. Il fut alors ce que pouvait être, ce qu'a toujours été, un pauvre homme errant sur les routes. Il devait ressembler beaucoup à ce jongleur de Sens •* :

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