Musées d'Orléans, de Notre-Dame de Cléry
2. C'est ce qu'à noté très justement à ce sujet G. Cohen, Ret'iie des Etudes Rabelaisiennes, 191 I, p. 4.
3. Gilles le Bouvier, Le Livre de la description des pays, éd. E. T. Hamy, p. 50.
4. Franklin, Dictionnaire historique des arts et métiers, ad. v. merciers et nouveautés.
5. « Poulain dit que ledit appellant est povre marchant et a acoustumé vendre chausses et bonnetz de laine, ainsi que les petiz merciers ont acoustumé de fere parmy les villaiges. Dit que la foire en ceste année séant ou mois de décembre ou village de? près le Mans, après que le roy des merciers eust veu la marchandise dudit appellant il s'en ala à lad. foire oudit village » (Arch. Nat., X" 57, 20 mars 1487 n. st.).
90 FRANÇOIS VILLON, SA Vit ET SON TEMPS
propagateurs du jargon en France '. Mais, dès le temps de Villon, il y eut de mauvais merciers, des foticandetir s, que l'on dit « trompeurs et cabuseurs », et qui vendaient à Paris, malgré les défenses faites à ce sujet, « denrées de merceries », couteaux, anneaux, épices, peignes d'ivoire ^ On en voit d'autres devenir voleurs ' ; et parfois ils débitaient des marchandises très suspectes, comme des jeux de cartes usagées. Sur la liste des Coquillards on trouve deux merciers '^. Or tout ce monde n'était pas riche : l'un d'eux dira :
Et ainsi nous mourrons de fain.
Entre nous chetiz merciez > !
Quant au bon Charles d'Orléans, il riait de ces petits merciers, portant paniers, qui déballaient leur marchandise au château de Blois, et à qui il achetait tablettes à écrire, écritoires de corne, images de saint Jacques, cordes pour sa harpe, patenôtres de verre, petits couteaux, signets d'ambre. L'un d'eux se nommait « Argent mi fault » !
Je gagne denier a denier
C'est loing du trésor de Venise ^ !
Enfin, au temps de Villon, il y avait une corporation de merciers établie à Rennes^. Mais que François y ait exercé un temps ce petit métier, cela demeure une hypothèse.
Dans le cas où Villon eût porté la balle dans cette région,