‹ François Villon (volume 2)Chapitre 66 sur 402 · C'est-à-dire portant une robe fourrée · texte numérisé non relu

C'est-à-dire portant une robe fourrée

Au point du jour dis « Dieu vous doint bon soir ! » Gisant envers ', j'ay grant paour de cheoir ; J'ay bien de quoy et si n'en ay pas ung ^ ; Eschoitte attens 3 et d'omme ne suis hoir, Bien recueullv, débouté de chascun.

De riens n'ay soing, si mectz toute ma paine

D'acquérir biens et n'y suis prétendent ;

Qui miculx me dit, c'est cil qui plus m'attaine4.

Et qui plus vray, lors plus me va bourdent > ;

Mon amy est, qui me fait entendent

D'ung cigne blanc que c'est ung corbeau noir;

Et qui me nuyst, croy qu'il m'ayde a povoir ;

Bourde, verte, au jour d'uy m'est tout un ;

Je retiens tout, rien ne sçay concepvoir.

Bien recueully, débouté de chascun.

Prince clément <^, or vous plaise sçavoir Que j'entens moult et n'ay sens ne sçavoir : Parcial suis, a toutes loys commun 7, Que sais je plus ? Quoy ? Les gaiges ravoir. Bien recueully, débouté de chascun.

Les termes de l'envoi sont ici fort remarquables et permettent d'affirmer que cette ballade date du second séjour de Villon à Blois: car ce qu'il attendait du clément prince, c'est « ravoir » les gages qu'il avait obtenus une première fois.

Est-ce le seul morceau qu'il ait composé à la cour de Charles d'Orléans ? Il semble bien qu'il faille restituer encore à Villon une ballade, qui suit celle des propositions contradictoires dans le manuscrit personnel du duc^ Cette petite pièce macaronique, bien rimée et spirituelle, nous montrerait François

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