Charles d'Orléans
7. Je suis en dehors de toutes les règles et cependant soumis à toutes les lois.
H. C'est ce que M. W. lîyvanck a induit très ingénieusement (Pierre Champion, Vie de Charles d'Orlèatis, p. 639).
KR.^NÇOIS VILLON. — H. 7
Villon connaissant aussi les amis du duc, au courant des plaisanteries spéciales à leur cercle littéraire ; et François aurait feuilleté l'album même des poésies du « doulx seigneur » qu'il nomme plaisamment « ce saint livre ». Car la ballade c( Parfont conseil eximium », dirigée contre ceux qui abusent des plaisirs du mariage, n'a de sens que si on la rapproche des rondeaux où Fradet et le duc d'Orléans traitèrent cette question. Or il faut avouer que les plaisanteries sur « l'écusson de Vénus » et l'équivoque « bourdon » sont bien dans l'esprit de Villon '.
On ne sait pas non plus exactement à quel moment placer le voyage que François Villon fit à Moulins. Mais il est certain que dans la requête qu'il adressa au duc de Bourbon, Villon fait allusion à la Beauce qu'il avait traversée antérieurement. Or ces campagnes plates, que hantèrent longtemps les gens d'armes pillards, comme le font aujourd'hui les corbeaux, ne sont que des labours sans fin. A travers ces plaines lisses de la grande Beauce, l'œil glisse jusqu'à l'horizon sans rien rencontrer d'autre que la ligne du ciel qui semble encore agrandi. Les nuées s'y forment et s'y déforment du matin au soir, ces nuées auxquelles Jeanne imaginait plaisamment les Anglais accrochés ^ ; et leur ombre chemine doucement sur cette terre séculaire du grain. De loin en loin quelques villages craintifs, groupés autour de clochers carrés en façon de petites forteresses ; des moulins à vent tournant furieusement quand l'aigre bise balaie l'étendue ; des meules à chapeau pointu.
î. M. Jean-Marc Bernard, (Fr(7»ai/5 Villon à la cour de Blots, diin^ la Keviw d'histoire littéraire de la France, 1908, p. 497-500), s'est demandé si l'on ne devait pas restituer à Villon une autre ballade sur le thème de la « Fontaine tarie n (éd. J. M. Guichard, p. 129-130). Gardons-nous de trouver des éléments de biographie dans une pièce faite de contradictions. Elle est l'œuvre d'un clerc : mais « l'une et l'autre bande >! ne désigne pas nécessairement les Coquillards : bande se disait de toute société. Quant à l'allusion au délai de payer l'amende, elle prouverait plutôt que Villon ne peut être l'auteur de cette ballade. C'est en 1462 seulement qu'il signa la promesse de rendre les écus volés au collège de Navarre.