Juvénal des Ursins, p
2. Prospcr Marchand, Dictionnaire ht s torique, La Haye, 1758, aâ. v. Villon, suppose que le crime dont Villon s'était rendu coupable était un vol de sacristie. « Et cela assez vraisemblablement, comme il me paroit, pour quelque vol d'église, de sacristie, ou quelque autre cas ecclésiastique, ou pour avoir dérobé les ferreviens de la messe et de les avoir musses soiihs la manche de la paroesce, ainsi que s'exprime plaisamment le satirique Rabelais (1. IV, ch. xvi). Plus heureux que sage, il fut délivré de cette nouvelle prison au bout d'environ trois mois, l'an 1461 (G. T., h. XI, Pasquier et autres) ». — L'abbé Patron, d'après un renseignement i\ lui fourni en 1859 P^"^ l'abbé Léveillé, a précisé ceci : « Le poète Villon, pour avoir volé l'église de Baccon, fut mis en prison à Meung... » (Recherches historiques sur l'Orléanais, 1871, I, p. 482. Cf. A. Longnon, Etude biographique, p. 87-88). Il y a lieu de remarquer que Baccon est bien sur l'ancien chemin de Paris à Blois. Mais l'abbé Patron était, à ce qu'il paraît, d'une religion facile à surprendre.
3. Voir aux Arch. du Loiret, série G. 156, le mémoire sur cette terre (xviiie siècle). — Il y avait là un étang poissonneux, des vignes qui rapportaient le « meilleur vin du
pays », de grosses fermes, de grands bois et des près.
des îles, les vignes qui étaient nombreuses, et des droits de pêche. Il semble bien que MUon fût enfermé dans un étage inférieur de la vieille tour en contre-bas, dite de Manassès', engagée dans le clocher carré de l'antique et spacieuse église dédiée au saint confesseur. Car le château de Févêque, cantonné de grosses tours rondes entourées de douves, et qui se dresse un peu plus haut, ne paraît pas avoir servi de prison". Mais il est certain que Villon eut beaucoup à souffrir dans cette geôle, où les murs lui faisaient un « bandeau de pierre »; dans cette fosse, il s'estimait par trop à l'abri de l'orage et des éclairs. Il avait les dents bien longues : or l'évêque Thibaud d'Auxigny lui assignait, chichement, une petite miche de pain et un peu d'eau fraîche. Et pourtant, telle était sa force d'âme que, si près de la mort, Villon y trouvait encore les accents les plus forts, les traits les plus joyeux pour demander à ses amis, et aux nouveaux princes, des lettres de grâce qui le rendraient à la lumière' :
Aiez pitié, aiez pitié de moy4, A tout le moins, si vous plaist, mes amis ! En fosse gis, non pas soubz houx ne may >, En cest exil ouquel je suis transmis Par Fortune, comme Dieu l'a permis.
Filles, amans, jeunes gens et nouveaulx, Danceurs, saulteurs, faisans les piez de veaux ^, Vifz comme dars, agus comme aguillon,
1. Dans un inventaire de 1790 il est question de « fermetures tant en hois qu'en fer des prisons » à l'article : Basse-court (Marcel Charrov, Etude historique sur le château de Meung-sur-Loire, Orléans, 1908, p. 115 et s.). Binet a mentionné au xvie siècle la « tour des prisons >> (Jbid.).
2. On montre cependant une de ces tours comme étant la prison. Mais cette tradition paraît récente ; il semble que la pièce ait plutôt servi de cellier.