‹ François Villon (volume 2)Chapitre 77 sur 402 · Pendant ce temps-là · texte numérisé non relu

Pendant ce temps-là

3. Vous lui présenterez ce bouillon chaud et réconfortant, comme celui que l'on porte aux époux le lendemain du mariage, ou aux accouchées (Cf. Taillevent).

4. Vous qui êtes exempts de la dîme et du quartelage. Eusèbe de Laurière (Glossaire du Droit) dit : « C'est un droit injuste, en vertu duquel les seigneurs voloient ou usurpoient la quatrième partie des blez ou des vins recueillis par leurs habitans ». Cf. Du Cange, ad. z'. : Quartagium. — Il va de soi que ces nobles hommes sont des gueux.

5. Tenir des fiefs : c'est l'expression même du droit féodal. Cf. la ballade jargonnesque ap. L. Sainéan, op. cit., p. 135.

Vous qui tenez voz terres et voz fiêfs

Du gentil roy, Davj^ot appelle (pince du crocheteur).

6. Le ms. unique C donne la leçon : Diincnchcs et iiierdis, que j'ai corrigée. Il faut entendre tous les jours puisque, pour les personnes très religieuses et les ecclésiastiques, la seconde partie de la semaine (depuis le mercredi) ne coniptait que des jours d'abstinence, et même de jeûne.

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Princes nommez, anciens, jouvenceaux, Impetrez moy grâces et royaulx seaux ', Et me montez en quelque corbillon ^.

Ainsi se font, l'un a l'autre, pourceaux, Car, ou l'un brait, ils fuyent a monceaux'. Le lesserez la, le povre Villon ?

Cet inflexible justicier qui tint Villon dans sa dure prison, c'était, on l'a dit, Thibaud d'Auxigny : le poète lui voua une haine atroce.

Non, le prélat qui fait dans les rues le signe de la croix et bénit la foule, celui-là n'est pas son évêque : Villon n'est pas l'esclave, le serf de ce grand seigneur et propriétaire terrien"^; mais il n'est pas non plus sa biche, insinuant peut-être par là que Thibaud d'Auxigny avait de mauvaises mœurs, ou commettant un de ces jeux de mots qu'il aff'ectionnait. Il ne lui veut pas de mal : que Dieu le traite seulement comme l'évêque a traité Villon ! Et si François consent à faire pour lui une prière, il récitera le « verset escript le septiesme » du psaume Deiis laudem : Thibaud d'Auxigny, qui devait savoir sa Bible, y aura trouvé cette oraison : Fiant dies ejus pauci, et episcopatiim ejus accipiat alter > (que ses jours soient peu nombreux et qu'un

1. Obtenez moi des lettres de grâce ou de rémission faites sous le sceau royal.

2. Montez-moi dans la lumière à l'aide de quelque petite corbeille où je prendrai place.

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