‹ François Villon (volume 2)Chapitre 91 sur 402 · PI. XXXIV · texte numérisé non relu

PI. XXXIV

iv coïncncc Ccfcaxt

,<knac œntcpCatif à fût} 4imc éi: Se ù%vic a

Le truand parlant à son âme

(Bibl. nat., fr. 190 fol. 1.)

Priam occis et toute son armée,

Ne luy valut tour, donjon, ne barrière ;

Et Hannibal demoura il derrière ?

En Cartaige ' par Mort le feis attaindre ;

Et Scypion l'Affriquan feis estaindre ;

Julles César au sénat je vendis ;

En Egipte Pompée je perdis ;

En mer noyé Jason en ung bouillon ^ ;

Et, un£ fois, Romme et Rommains ardis 5.

Par mon conseil prens tout en gré, Villon !

Alixandre, qui tant feist de hemee 4, Qui voulut veoir l'estoille pouciniere >, Sa personne par moy fut envlimee ^ ; Alphasar rov, en champ, sur sa baniere ', Rué jus mort, cela est ma manière ;

Holofernes, l'ydolastre mauldis, Qu'occist Judith (et dormoit entandis !) De son poignart, dedens son pavillon ; Absalon, quoy ? en fuyant le pendis.

Par mon conseil prens tout en gré, Villon !

Pour ce, Françovs, escoute que te dis : Se riens peusse sans Dieu de Paradis, A toy n'autre ne demourroit haillon.

Car, pour ung mal, lors j'en ferove dix. Par mon conseil prens tout en gré, Villon ! »

Enfin, il date encore de ce temps, cet examen de conscience d'un homme aussi mauvais que bon, mais surtout très faible, que Villon intitula le « Débat du Cueur et du Corps », suivant un thème que l'on rencontre développé par d'autres poètes

Page 1