Les Pléiades
6. Envenimée. On sait qu'Alexandre mourut d'une fièvre intermittente.
7. Sans doute Arphaxad II, roi des Mèdes, défait par Nabuchodonosor (Hist , Judith, ch. i). — 8. C donne ici deux vers grossièrement refaits.
avant lui '. Il y a là vraiment un cœur mis à nu, et l'on ne saurait trouver rien au monde de plus émotionnant. Chacun a son faix dans la vie : l'influence de Saturne % qui était tenue pour mauvaise, avait chargé celle de Villon d'un lourd fardeau :
Qu'est ce que j'oy ? — Ce suis je. — Qui ? — Ton cucr,
Qui ne tient mais qu'a ung petit filet :
Force n'ay plus, substance ne liqueur.
Quant je te voy retraict ainsi seulet,
Com povre chien tappy en reculet 3. —
Pour quoy est ce ? — Pour ta folle plaisance. —
Que t'en chault il ? — J'en ay la desplaisance. —
Laisse m'en paix ! — Pour quoy ? ■ — ■ J'y penscray. —
1. Roiiiania, 1892, avril. — II y a un Débat de la tête et du corps par Deschamps, V, p. 344 ; du corps et de l'âme, dans VioUet le Duc, Ancien théâtre, III, p. 325 (xvie siècle) ; un développement analogue par Charles d'Orléans sur la Qiierelle des yeux et du cœur (éd. J. M. Guichard, p. 16). Cf. des imitations du mouvement de la pièce de Villon dans Campaux, op. cit., p. 361, 363.
2. Cf. le Calendrier des Bergers, le Propriétaire des choses, et les considérations physiologiques qui précèdent tous les livres d'Heures. — Martin Le Franc, dans son Estrif de Fortune et de Vertu, venait de discuter l'influence des planètes sur le cours de la vie humaine (Bibl. Nat,, fr. 11 53, fol. 26) :
Vertu... Mais ainçois que ce pas actaignons, s'il vous plaist, nous verrons comme les fortunes se changent par le regard des diverses planètes. Fortune. Ainsi soit. V. Ne tenez qu'en sa nativité homme prent commancement de bonne ou de maie fortune et que la planète dominant le beneist ou mauldit ? F. Et puis ? V. Ung an après ou deux ou troys ou vingt, peut elle estre muée par une autre estoille de contraire impression ? F. Pourquoy non ? V. Trop contrediriés aux astrologiens qui les destinées bonnes ou maies prennent dès la nativité et veulent que homme soit appelé bien ou mal fortuné selon que la planète le regardoit naissant et venant en ce monde ; ce non maintenir conviendroit qu'il eust en sa vie C^I continuelles destinées : car plus de C'^ estoilles le regardoient sur terre, etc.
Fol. 27 v°. V. Item se voulenté humaine est subjecte aux planètes, je demande comment on peut vouloir et non vouloir, et si c'est par une planète ou diverses ? Par une estre ne peut : car toute chose naturelle est déterminée à propre effect. Se par diverses, interer tault que ce que l'une fait est empeschié par l'autre. Ainsi ne estât ne fermeté n'y a. Item se les planètes, ou seules ou ensemble, saulvent ou destruisent les hommes, je demande pourquov ung aura VI"» ans vescu sens nulle maie adventure, et neantmoins aura passé soubz très maie influence ? Les choses projjres et naturelles toujours empraignent leur povoir quand est en elles. Que se les planètes sont choses actives, propres et nécessaires, comme l'en cuide, pourquoy n'ont esté traistres et homicides et tuez comme Alixandre tous ceulx qui depuis ont vescu soubz le point de celle influence ? Que se on respond que chascun n'est Alixandre, ne Antipater, ne Thessalus, donc en ce cas convient assigner autre cause... etc. »