Bibl. nat., P. orig
veau on gelée, chaudeaux ; on n'y dédaignait pas les piments tels que girofle et cannelle, sauce verte et cameline ; quant au vin, clairet et vermeil, on allait le chercher chez Simonnet, aux Trois Pucelles, rue Saint-Martin'. Car Jacques Séguin n'était pas un religieux de vie exemplaire, comme en témoigne une excommunication fulminée contre lui par l'abbé de Cluny ^ Il était comme bien d'autres ; et ce n'est pas un crime à un prieur, au surplus, de vivre bien, de recevoir volontiers des amis à sa table, et même des dames pourvu qu'elles soient honnêtes!
Tel est le milieu où nous rencontrons à Paris M'' Guillaume de Villon. Ne soyons donc pas surpris s'il fonde son obit dans cette Grande Confrérie aux Bourgeois qui se tenait dans la petite église de la Madeleine en la Cité'. C'était une pieuse confrérie « aux seigneurs, prestres, bourgeois et bourgeoises de la ville de Paris » "^ dont le but, tout dévot, consistait en obits pour les morts et en prières pour les malades. Mais le roi et la reine en faisaient partie, et il fallait être bien rente pour être admis confrère ^ Là les riches Parisiens se donnaient le luxe de l'humilité. 11 suffira de nommer comme membres de cette pieuse association la duchesse de Guyenne ; Catherine d'Alençon ; Guillaume, l'évêque de Paris ; Jean Balue ; Jean Jouvenel des Ursins, le chancelier, et Guillaume Jouvenel ; Guillaume le Tur, président au Parlement, ainsi que Yves de Scepeaux ; Jean de Montigny dit le Boulanger et Marie Chevalier, sa femme ;
1. Cf. Comptes du prieur de 1438 à 1439 (Ardi. Nat., LL. 1383); Comptes pour l'année 1457 (Arch. Nat., S. 1461^).
2. Aggravation d'une excommunication dès longtemps portée contre Jacques Séguin. Oublieux de son salut, on le disait avoir commis plusieurs et diverses rebellions, de mauvaise vie, parjure et simoniaque, diffamé et entaché de plusieurs crimes, ayant refusé obéissance aux préceptes et injonctions faites par les commissaires députés à ce, jadis : « Qu'on corrige, punisse, détienne, prenne, incarcère ledit prieur de Saint- Martin... et qu'on use au besoin du bras séculier » : ainsi s'exprime au sujet de ce religieux la phraséologie ecclésiastique d'alors ! (Bibl. Nat., lat. 2277, fol. 7).
3. Arch. Nat., LL. 436. — 4. Cf. Le Roux de Lincy, dans les Antiquaires de France, t. XVII, p. 200. Cf. H. Omont, Méui. de la Soc. de l'Hist. de Paris, XXXIL
5. « Doivent estre d'hostel, estât et puissance », dit Du Breul, op. cit., p. 107.
Geoffroy Cœur, Isabelle Bureau. Parmi les riches ou influents personnages dont les noms reviendront dans cette histoire ou touchent à eux, il convient de nommer entre les confrères Jean de Louviers, bourgeois de Paris ; Jean le Duc, chapelain de Saint-Benoît ; Michel Culdoe, échevin de Paris ; Marguerite Joli, veuve de Robert Turgis, le propriétaire de la Pomme de Pin; Jean Luillier qui y fonda l'obit de Jeanne de Vitry, sa femme ; Jean Marcel; Pierre de Vaudetar; Jean de Vaudetar, avocat du roi auChâtelet; Jacques Fournier; Jean de Canlers, conseiller au Parlement; Guillaume de Vitry, conseiller au Parlement; Louis Raguier, l'évêque de Troyes ; Martin de Bellefaye, conseiller au Parlement',
Aux écoles de droit Guillaume de Villon a étudié en même temps que Pierre de Bellefaye, Pierre Mauger, François de la Vacquerie, Jean Laurens, Denis le Comte, Henri Thévenon, un Auxerrois, Jean de Montigny, de Sens, frère d'Etienne ; Pierre Foassier d'Auxerre. Denis le Comte y professera à son tour et aura pour élève François de la Vacquerie \
Enfin Guillaume de Villon, qui demeure dans le cloître à la Porte Rouge, vit naturellement avec les curés, chanoines et chapelains de Saint-Benoît ; les noms de quelques-uns sont importants à retenir.
Les curés de Saint-Benoît ' furent, au temps de Guillaume de Villon, M*-" Jean Postel, maître en théologie, de 1452 à 1457 ; Richard Postel, de 1457 à 1460 ; Simon Chapiteau, de 1460 à 1466 ; puis Adam Tannemont.
Parmi les chanoines, nous rencontrons en 1430 Regnaud de Breban et Michel Claustre, conseiller au Parlement, licencié en lois; en 1437, Nicolas Confranc; en 1438, Denis le Comte ; en 1439» Jean de Montigny; en 1441, Etienne de Montigny, licencié en décret, avocat en cour d'église^ qui demeure au cloître à
1. D'après L. S96, liste des réceptions dressée au x vu* siècle.