‹ François VillonChapitre 11 sur 262 · Arch. Nat., L. 579 ; Lebeuf, add. Cocheris, II, p · texte numérisé non relu

Arch. Nat., L. 579 ; Lebeuf, add. Cocheris, II, p

2. Lebeuf, éd. Cocheris, II, p. 49 ; Jaillot, Recherches critiques sur la ville de Paris, 177s, t. IV, quartier Saint-Benoît, p. 113.

?. Il ne faut donc pas confondre ce vieux cimetière avec le cimetière Saint-Benoît, créé en 161 5 au coude de la rue actuelle de ce nom, et touchant par derrière aux bâtiments du Collège de France. (Lebeuf, éd. Cocheris, II, p. 53).

4. Arch. Nat., S. 897 b, enquête de 1482 ; Lebeuf, add. Cocheris, II, p. 85.

l'aspect de l'église Saint-Benoît ', fort remaniée déjà, fort modifiée par la suite, et dont quelques pierres subsistent seules aujourd'hui '. Chaque âge y avait laissé son empreinte : on y voyait des piliers romans à chapiteaux à godrons; les fleurs gothiques couronnaient des colonnes plus récentes: des moulures prismatiques et des arêtes aiguës attestaient des réfections toutes proches. Mais on n'aurait manqué, d'être touché par la simplicité religieuse de cette vieille église, par la grâce de ses voûtes légères \

Sans doute, dans son ensemble, elle n'était plus romane. Elle consistait en une nef centrale, assez élevée et large, éclairée par des fenêtres à meneaux, et flanquée de deux bas-côtés d'une moindre élévation. Le plus étroit, celui du nord, régnait le long du cloître : il était percé d'une porte, encadrée de deux chapelles. Le bas-côté méridional était double et contenait six chapelles voûtées d'ogives, où les clefs de voûtes formaient de délicats pendentifs. Le long de ce bas-côté s'étendait un petit cimetière, dans une sorte d'étroit couloir qui séparait l'église du charnier, dont l'entrée donnait sur la rue Saint-Jacques. Quant au grand portail ^, il avait trois frontons à gargouilles, celui du milieu dominant les autres. Les voussures de la porte en ogive étaient ornées de vigne, de lierre, de chicorées. Au trumeau on voyait une statue de la Vierge et, sur les

1. Il nous faut recourir aux Antiquités Nationales de Millin, t. III (1791) et aux précieuses planches de la Statistique Monumentale de Lenoir.

2. Dans le jardin du Musée de Cluny, sous les nos 157 et suiv. (Cf. le Catalogue de E. Du Somme rard, 1883, p. 11-12). L'église supprimée à la Révolution fut vendue en 179s, acquise par un pieux chasublier du quartier, Jérôme Watrin, et rendue par lui au culte. Mais les héritiers de Watrin la vendirent à un "meunier en 1812. En 1832 elle devint le Théâtre du Panthéon. L'édifice subsista jusqu'en 1854, fort mutilé, et loué comme logements. On le démolit pour le percement de la rue des Ecoles.

3. C'est l'impression qu'on éprouve à lire la charmante et très informée monographie d'un témoin oculaire, M. Troche : Notice historique sur Vancienne église collégiale et paroissiale de Saint-Benoît (Revue archiologique, t. IV, 1847, p. 214, 276).

4. Cette partie semble avoir été fort remaniée, surtout dans l'ornementation, au cours du xvie siècle. Mais il y a lieu de remarquer, à la suite de Fernand Bournon (Xebeuf, Additions, p. 93) que la porte réédifiée à Cluny « appartient au plus tard à la seconde moitié du xve siècle et que c'est un pur spécimen du gothique flamboyant ».

pieds-droits latéraux, les statues de saint Benoît et de sainte Scholastique. Une rose rayonnait au tympan.

Le premier titre qui mentionne Saint-Benoît comme église est une charte de Henri P"", donnée vers 1045. On y lit qu'à la prière d'Imbert, évêque de Paris, ce roi accordait au chapitre de Notre-Dame quatre églises, situées dans les faubourgs de la ville, et depuis longtemps au pouvoir de ses prédécesseurs : Saint-Etienne-des-Grès, Saint-Julien-Martyr, Saint-Séverin-le- Solitaire et Saint-Bacq ' ; par suite des troubles du royaume, elles étaient demeurées spoliées de leurs bénéfices, et le service divin avait cessé d'y être célébré. Le chapitre de Notre-Dame était tenu d'y restaurer les anciennes stations, d'y établir un certain nombre de chanoines chargés de prier pour le salut du royaume et pour l'âme du roi. Dès 1183, l'église Saint-Benoît était paroissiale "■ ; un petit collège de chanoines y avait été établi par Notre-Dame, conformément à la charte de Henri P*" : tour à tour ils faisaient fonctions curiales. Bientôt après on y voyait un prêtre paroissial ou chapelain, puis un curé \

Au xv^ siècle, l'église Saint-Benoît était desservie par un curé, vicaire perpétuel, par six chanoines sans dignités capitulaires, nommés par le chapitre de Notre-Dame, par douze chapelains, élus par le chapitre de Saint-Benoît. Située au cœur de la région universitaire et donnant sur la populeuse rue Saint- Jacques, cette petite église était une des grandes paroisses de Paris.

Mais si on pouvait la tenir pour « bien notable et de fondation royale, ayant chanoines et collège », il demeure certain que l'église était considérée comme pauvre •* ; elle n'avait même pas d'enfants de chœur. Par contre on s'y montrait fort loyaliste. Charles VI y avait fondé un obit pour son père qui

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