‹ François VillonChapitre 140 sur 262 · Bibl. Nat., Clair., 763, 4 février 1445 n. st · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., Clair., 763, 4 février 1445 n. st

3. Bibl. Nat., fr. 325 11 (9e compte de Xaincoins). — Catherine de Marcilly se remaria avec Pierre Petit, chevalier (Arch. Nat., X'» 1483, fol. 72, 23 février 1453 n. st., fol. 135 vo ; 26 mars. Cf. l'arrêt sur le partage de ses biens, le 25 janvier 1453, (Arch. Nat., X'» 92, fol. 157).

5. Ce pas d'armes date de 1446, vers Pâques. (Cf. Lecoy de la Marche, Le Roi René, II, p. 146-147). La date de 1448, donnée par de duatrebarbes, (Œuvres conipUtes du roi René, p. Lxxvi) est impossible.

SES PREMIÈRES RELATIONS lôl

fille Yolande. Or, à ce pas dit de la Joyeuse Garde, on jouta quarante jours et l'on s'amusa fort de « plaisantes parolles ». Car aucune dame ni demoiselle ne devait passer au travers d'un certain carrefour sans être accompagnée de quelque vaillant chevalier ou écuyer qui, pour son amour, était tenu de rompre deux lances. Durant le jour, en cette clémente saison, on demeurait dans un château de bois peint et tendu de tapisseries; le soir, on se rendait pour le festin dans ce grand château de Saumur, qui domine de sa masse et la gracieuse petite ville et l'immense Loire. Robert d'Estouteville y parut en armes, monté sur un cheval housse d'azur et de gueules, portant à son cimier la tête de more enrubannée qui formait un calembour avec le cri de sa maison ; et il jouta contre le sire de Beauvau, l'un des plus nobles de l'Anjou'. Ainsi Robert fit la conquête d'Ambroise.

Peu après, ils étaient venus habiter cette noble et grande maison de la rue de Jouy, ornée de marmousets, près de la poterne Saint-Pol\ C'était une admirable demeure % avec ses cours et ses jardins, ayant une entrée principale sur la rue de Touy, une autre rue Saint-Antoine, régnant d'une part le long de la rue Percée (rue du Prévôt) et de l'autre aboutissant à l'enceinte de la ville. Le roi Charles V en avait fait don à Hugues Aubriot, qui aimait tant le luxe et le plaisir : et celui-ci avait richement meublé l'hôtel dont les chambres parées étaient alors peintes et tendues de riches étoffes^ ; il y donna de magnifiques repas aux familiers du roi et l'on y admirait cette vaste

I Description de ce pas suivant un ms. faisant partie de la bibliothèque du chancelier Séguier d'après l'analyse de Wulson de la Colombière, ap. Quatrebarbes, Œuvres complètes du roi René, I, Lxxx.

2. Ch. Sellier, dans les Procès-verbaux de la commission du vieux Paris, 1907, p. 169 et s. ; L'hôtel du prévôt, Lille, 1902.

3. Un vandale en a abattu les restes en 1906, malgré les instances du Conseil Municipal.

4. Je vis ta chambre bien parée — De riches dras moult noblement — Et ta maison bien painturée — Et hault et bas communément...

(Complainte sur Hugues Aubriot, dans Leroux de Lincy, Recueil de chants historiques français, \, 260).

l82 FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS

cage, sans doute dans le jardin, où les oiseaux menaient grand bruit'. Après la chute du prévôt, cette belle demeure était passée aux mains de Guy de la TrémoïUe, de Pierre de Giac^ de Louis d'Orléans, frère du roi. Et dès lors l'hôtel de la rue de Jouy avait pris le nom du Porc épie, suivant l'emblème du prince charmant que l'on voyait peint sur les verrières, ainsi que ses loups. Louis aimait les constructions ; il ajouta à l'hôtel des galeries neuves ornées de vitraux : mais il se lassait de tout. Louis d'Orléans troqua l'hôtel du Porc épie, avec son oncle Jean de Berry, pour celui des Tournelles ; et ce dernier le céda bientôt à Jean de Montaigu, grand maître de la maison du roi. Ce petit homme, maigre et bègue, le plus riche de France, augmenta encore l'hôtel d'une portion des anciens murs de la ville où il établit des terrasses ; et quand son frère fut nommé évêque de Paris, il y donna la plus grande fête dont on conservât alors le souvenir. Le roi s'y rendit avec toute sa noblesse et on y servit dix-huit cents plats de viande. Un mois après, la cupidité de Jean Sans-Peur perdit Montaigu. Il fut décapité et l'on se partagea ses biens : le Bourguignon avare fit adjuger l'hôtel à son gendre, le duc bavarois Guillaume. Telle était cette magnifique demeure où, « vu la vétusté et la caducité » du Châtelet, le prévôt d'Estouteville avait été autorisé à résider \

Madame Ambroise de Loré, la « prévôté », cette belle et sage dame, donnait en son hôtel de grandes réceptions. Tout ce que Paris comptait de « nobles et honnestes personnes » était accueilli chez elle avec honneur '.

La mode en ce temps était de faire montre d'un amour surhumain pour une personne réelle ou fictive (la chose ne tirait

1. Religieux de Saint-Denys, I, p. 100-106, i^i ; complainte citée.

2. 4 décembre 1454 (Delamare. Traité de la Police, I, p. 100). — Mais Robert devait déjà occuper l'hôtel du Porc Epie, comme nous l'avons vu par le récit de l'échauffourée universitaire du 3 mai 1453.

3. « Le jeudi, v^jour de niay 1468, dame Ambroise de Loré... ala de vie a trèspas... environ une heure après myenuit ; et fut fort plainte, pour ce qu'elle estoit noble dame, bonne et honneste, et en l'ostel de laquelle toutes nobles et honnestes personnes estoient honorablement receuz. » (Chronique scandaleuse, éd. B. de Mandrot, I, p. 201).

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