‹ François VillonChapitre 141 sur 262 · PI. XII · texte numérisé non relu

PI. XII

L Hôtel du Prévôt démoli en 1906

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pas à conséquence), de prendre ce ton larmoyant dont les amoureux trouvaient le modèle chez Alain Chartier, de s'exprimer précieusement comme le faisait cà Blois le duc Charles d'Orléans. C'était le ton naturellement en honneur chez madame Ambroise de Loré, cette jolie femme qui savait les beaux usages. Car nous possédons encore une bien mauvaise complainte qui lui fut présentée en 1452, et où se lit en acrostiche son nom ' :

Mal et soucy, peine et douleur, Dueil, désespérance mortelle, Trembler, pâlir, muer couleur, Fièvre blanche continuelle Sont les biens que j'av pour la belle Pieça souffert : las ! douloureux, La mort pourquoy ne me prent elle duant Amours m'est tant rigoureux ?. . .

On peut croire que dans ce milieu Villon, si habile à feindre, fit très bonne figure. Bien que la ballade qu'il composa alors pour son mari, et en l'honneur de madame Ambroise de Loré, ne soit pas des meilleures, elle s'élève encore fort au-dessus des médiocres productions des rimeurs de ce temps ; elle a une autre allure que la triste complainte du désespéré de l'an 1452.

Villon fréquenta certainement chez les d'Estouteville, pour avoir connu de façon si précise les circonstances qui accompagnèrent leur union :

Car au pas conquester l'ala, Que tint Régnier roy de Cecille, Ou si bien fist et peu parla Qu'onques Hector fist ne TroïUe ^ :

ce qui est assez flatteur pour Robert d'Estouteville qui combattit contre Beauvau, le chevalier italianisé, traducteur de Troylus et Crisseïda de Jean Boccace'. Et sa ballade, qui ne

1. Les Œuvres de maistre Alain Chartier... éd. A. DuChesne, 1617, p. 779-781.

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