‹ François VillonChapitre 146 sur 262 · Eutrapel, p · texte numérisé non relu

Eutrapel, p

surveiller les maraudeurs), les sergents d'alors ne jouissaient pas d'une bonne réputation ; plusieurs de ceux que Villon a nommés furent notoirement des drôles. Ils commettaient toutes sortes d'exactions que les ordonnances étaient impuissantes à réprimer' ; leur méchanceté était proverbiale'. Elle peut être illustrée de quelques exemples.

Il y avait en 1456 une nommée Louise, demeurant rue Pierreau-lait, qui détestait Gervaise, sa voisine : elle l'accusait de lui avoir volé une ceinture, ce dont elle entendait tirer vengeance. C'est pourquoi, un dimanche matin, Louise se rendit à l'hôtel de Pierre d'Astrebec, sergent à verge et porteur de sel : elle lui offrit une paire de chausses pour sa femme, une patenôtre de jais noir, un petit corset sans ferrure, le tout enveloppé dans une coiffe. Or Louise tira à part Pierre le sergent, disant qu'il lui devait faire un plaisir. Et Louise se rendit aussi chez Gervaise, la traita de larronnesse tandis que Pierre glissait le tissu et les patenôtres derrière une armoire de sa chambre. On les retrouva fort à propos quand survint le commissaire qui fit mener Ger\'aise aux prisons du Châtelet. Après quoi Louise dressa chez elle la table, étendit la nappe, apprêta un bon dîner, fit jurer au sergent sur les saints Evangiles de ne point la dénoncer. Elle jouit de sa compagnie et l'ensorcela, dit-on : mais elle lui offrit aussi, en plus de son amour, des chausses meilleures que celles qu'il portait ce jour-là '.

C'était cependant un sergent à cheval du Châtelet que ce Jean Bonannée que l'évêque de Paris réclamait comme son clerc, le 24 mai 1464. Or, suivant le procureur du roi, il avait toujours mal vécu et commis plusieurs crimes et délits. A Gonesse, il avait percé de sa dague les deux cuisses d'un franc

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