‹ François VillonChapitre 157 sur 262 · T., h. 166. — 7. Fromages de Brie · texte numérisé non relu

T., h. 166. — 7. Fromages de Brie

Eschaudez tous chaulx, eschaudez ! — Poyres d'angoisse ! — A mes belles pommes !... » '.

Car Villon a certainement observé les enfants qui allaient le soir chercher la moutarde en chantant des chansons ironiques ou obscènes \ Il a équivoque sur les poires d'angoisse, les angelots; il a légué ses houseaux vieux, parlant la langue même des crieurs de Paris. Il a admiré les Parisiennes comme de merveilleuses « langagières », reines du beau parler, souveraines du caquet. Dans la ballade en leur honneur, il a conclu avec autorité ' :

Il n'est bonc bec que de Paris.

Il a parlé comme elles, lui qui fera rimer Robert et poupart, Montmartre et tertre, moine et Seine, VaUrien oian'^; et même il aurait approuvé que l'on prononçât à leur exemple : Mon mery est a la porte de Péris on il se faict peierK Coquettes, enjouées, charmantes, mises avec recherche, un étranger d'alors déclare qu'elles auraient séduit Priam ou le vieux Nestor lui-même^. François Villon n'avait ni leur expérience, ni leur âge. Il n'était pas indifférent, nous l'avons vu, à des charmes passés

1. Farce nouvelle très bonne et fort récréative pour rire Des Cris de Paris (Viollet le Duc, Ancien théâtre français, II, p. 305 et suiv.).

Plus vous n'aurez mon cueur en garde... Enfants qui vont à la moustarde Chantent de vous aux carrefours.

(Bibl. Nat., fr. 1719, fol. 79).

4. Cf. Œuvres complètes, préface de P. Jannet, p. xxiii-xxiv ; L. Thuasne, Villon et Rabelais, p. 389 et s. — Un strict humaniste, H. Estiennc, le regrette : « Et du language de nos prédécesseurs qu'en dirons nous ? quelles penserons nous qu'estoyent les oreilles d'alors qui portoient patiemment: Mon frère Piarre? Mon frère Robart? la place Maubart ? Et toutesfois nostre Villon, un des plus éloquens de ce temps la parle ainsi. Voila exemple du language auquel on prenoit plaisir de faire la grande bouche » (Apologie pour Hérodote, éd. Le Duchat, La Haye, 1735, II, p. 28).

5 . « Au contraire les dames de Paris en lieu de A pronuncent E bien souvent quant elles disent : Mon mery est a la porte de Péris ou il se faict peier, au lieu de dire : Mon tnary est a la porte de Paris ou il se fait paier. » (Geoffroy Tory, Champfleury, 1. III, 1529).

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