‹ François VillonChapitre 158 sur 262 · Antonio d'Asti dgns Paris et ses historiens, p · texte numérisé non relu

Antonio d'Asti dgns Paris et ses historiens, p

en proverbe'. Il épiait curieusement les belles bourgeoises qui allaient entendre la messe dans les monastères à la mode, et qu'il nous a peintes si joliment, « assises sur le bas du pli de leur robe ».

Dans les églises aussi on les retrouve, ces dames faciles. Existe-t-il un lieu plus propice pour bavarder, passer de bons marchés, donner des rendez-vous ? ce Car si la truande veut s'entendre avec son adultère, elle lui dira : Vous me trouverez à telle église, à telle heure. Alors ils parleront de leur affaire. Lorsqu'il s'agit de prendre l'eau bénite, ce sont bien d'autres dérisions. Et quand un gentillâtre entre dans l'église, on voit madame se lever et venir l'embrasser bec à bec, pour suivre la coutume des nobles, tandis que le prêtre consacre le corps de Dieu sur l'autel et que le peuple prie. A tous les diables de semblables coutumes ! » s'écriera le cordelier Menot ^

Pour être enfant de la ville, on demeurait cependant alors Parisien d'un quartier. La vie y était tout intime ; quand nous les possédons encore, les registres des anciennes justices de Paris nous font connaître les commérages, les médisances qui devaient bien exciter la verve du poète. On y parle vertement. Les femmes de Paris, qui ont décidément « bon bec », sont promptes à se dire des injures, à se traiter de sanglantes lices, de chiennes, de filles de chien, de paillardes, de ribaudcs, de prêtresses. Des femmes, qui surprenaient leur mari, insultaient leur rivale : « Va, va, tu n'as plus qui te soutienne depuis que ton presbtre est mort ! » Que de « langues serpentines dont

1. Mais pour parler du bec et de la fesse. Parisiennes ont le bruyt des enfFance ; Pourquoi jamais ce refrain cy ne cesse : Paris sans pair, invincible sentence.

(Bibl. Nat., fr. 1356, fol. 39. Réponse d'un poète parisien à l'éloge de deux dames de Lyon. Fin du xv° siècle). Cf. l'Epitre des Dames de Paris de Jean Marot (éd. Lenglet Du Fresnoy, IV, p. 231) :

Tetins aiguz, membres blancs et charnuz, Puis très gros culzpour l'amoureux affaire, Si bien troussez qu'il n'y a que refaire.

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