‹ François VillonChapitre 159 sur 262 · Sennones, Paris^ 15 30,1 fol. 144, vo · texte numérisé non relu

Sennones, Paris^ 15 30,1 fol. 144, vo

le coup est plus redoutable que celui de la lance ! Dans les banquets, par exemple, dès que la faim est rassasiée, c'est l'heure de manger de la chair vivante. La rusée commère dira : N'y a-t-il rien de nouveau en votre rue ? — Il n'y a rien de nouveau en notre rue. Mais la futée ne manquera pas d'ajouter : 11 n'y arien de nouveau, sauf que notre voisine a fait hier ceci... et cela... Quelles sangsues'! » Quant aux hommes, ils blasphémeront surtout et jureront laidement; ils se traiteront de « varlet au maistre fify » (vidangeur), de mathelineux, de fol mathelineux, de traître, de ribaud et de paillard. On jurait beaucoup \ Il y a de tout cela épars dans l'œuvre de François Villon.

M^ François était naturellement Parisien de la rive universitaire. Cette région était déterminée par la ceinture de murailles, tendue comme un arc, dont la Tournelle formait une pointe et la tour de Nesle, l'autre. Pendant longtemps un passage unique avait donné accès à la rive opposée, au travers de la Cité : le Petit-Pont, avec la robuste souricière que formait le Petit-Châtelet.

Les environs de Saint-Benoît nous sont maintenant devenus familiers, comme ils l'étaient à notre poète. Il nous reste à errer à sa suite dans la ville universitaire qu'il connaissait si bien, à parcourir ces ruelles tortueuses de la montagne Sainte- Geneviève qui ont épousé le dessin capricieux des sentiers à travers champs et vignes qu'on y avait cultivés jadis.

Quand on sortait du cloître Saint-Benoît par la porte principale, on avait devant soi l'église du couvent des Mathurins où se tenaient les assemblées générales de l'Université; en descendant la grand'rue Saint-Jacques, on voyait à sa droite la taverne célèbre de la Mule, qui s'ouvrait presque en face du chevet de l'église. Cette maison appartenait à l'Hôtel-Dieu de

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