Voir plus loin ce qui en est dit au sujet des Chartreux
3. Guillebert de Metz dans Paris et ses historiens, p. 221-222.
de la vérité, suivant le dit de Sénèque. Mais l'abbaye avait été ruinée par les guerres et, en 1449, le recteur de l'Université avait exhorté les fidèles et les prêtres à la relever de ses ruines '. Pour un Parisien, c'était là déjà la campagne; on voyait des arbres, des lauriers, des cerisiers, des treilles et des moulins à vent sur les buttes ; des pourceaux et des truies paissaient les environs.
En rentrant par la même porte, on redescendait la rue de Bordelles qui longeait la vieille abbaye de Sainte-Geneviève, appuyée à la muraille de la ville, puis l'église Saint-Etienne, et l'on suivait la rue de ce nom. On était ici au faîte de la Sainte Montagne % la Jérusalem de la Science, la Rome intellectuelle autour de laquelle les collèges rayonnaient comme de mystiques flambeaux. Les écoliers, les Artiens surtout connaissaient bien la vieille basilique, toute simple et nue, où ils allaient chercher leur licence quand ils subissaient l'examen d'en haut; et les Parisiens savaient tous la touchante histoire de leur prévoyante patronne dont on promenait la châsse pendant les inondations de la Seine ^
Les religieux de Sainte-Geneviève étaient de puissants personnages, possédant des rentes sur beaucoup de maisons du quartier, des étaux de bouchers, des vignes à Villejuif, à Vanves, à Bagneux, à Fontenay et sur la chaussée de Paris à Bourg-la- Reinc^; ils avaient droit de justice moyenne, haute et basse, depuis la place Maubert, le coin de la rue des Lavandières, et en allant vers le carrefour Saint-Séverin, jusqu'à la rue des Anglais ; un four banal près de la Croix-Hémon (rue des Noyers) \ Mais surtout l'abbé était conservateur des privilèges apostoliques pour les procès du pape; et dans l'abbaye siégeait la chancellerie de l'Université ^. Sous la crypte était la sépulture