‹ François VillonChapitre 169 sur 262 · Arch. Nat., S, 1648, fol. 41, 54, 66\o · texte numérisé non relu

Arch. Nat., S, 1648, fol. 41, 54, 66\o

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dans ce faubourg, au milieu de jardins, dans l'antique maison dite de \^auvert (^de vaJle viridi).

C'était une croyance populaire que le mauvais esprit habitait les vieilles maisons \ Un esprit malin, appelé vulgairement le diable de Vauvert, résidait dans cette masure avant que les Chartreux vinssent demeurer en ce lieu, et, avec la permission de Dieu, il tourmentait grandement ceux qui devaient passer leur chemin de ce côté. Il poussait de grands cris et effrayait tout le monde : aussi on avait surnommé la porte Saint-Michel porte d'Enfer. Une dévote recluse, à qui Ton accordait l'esprit de prophétie, aurait alors mandé aux magistrats et au roi qu'il était nécessaire d'édifier en ce lieu une maison de Chartreux pour chasser le Malin : et c'est pourquoi ces religieux étaient venus, disait-on, habiter l'hôtel de \'auvert, d'où le mauvais esprit s'était retiré \ Qiioi qu'il en soit de cette tradition, le diable de Vauvert était proverbial à Paris, et Villon a nommé ainsi ce bon diable de frère Baude \

Quant aux Chartreux, ils avaient élevé là le plus magnifique et le plus sévère à la fois des couvents de Paris. De grands personnages les avaient richement dotés ; de puissants bourgeois, jouant aux seigneurs, les avaient imités. Et parmi les bienfaiteurs des Chartreux nous rencontrons de somptueux prélats, comme Jean Cœur, ce jeune enfant qui était archevêque de Bourges, et que Villon a cité pour sa richesse et son luxe -^ ; Jacques Juvénal des Ursins, patriarche d'Antioche et président de la Chambre des Comptes, qui y construira une chapelle, et qui est le frère de Michel, le pseudo-exécuteur du Testament à^ Villon ; maître Guillaume Culdoe, clerc et notaire du roi, parent d'un autre légataire ; Guillaume Colombel, un autre exécuteur de Villon, un des hommes les plus riches et les plus avares de Paris, qui voulant déshériter sa femme adultère, mademoiselle

1 . .\insi la maison de VOiirs et du Lion de la rue des Marmousets était hantée par un démon en 1476 (Arch. Nat.,X'« 4817, fol. 176 v»).

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