Ed. P. Paris, V, p
5. Historiens de France, XXII, p. 146-147. Cette chronique donne l'opinion des milieux bourgeois de Paris.
2l8 FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
nobles atours, rasées et condamnées à la prison. Marguerite de Bourgogne y fut étranglée et Blanche, semble-t-il, enfermée comme religieuse à Maubuisson où elle mourut en 1322. Les deux chevaliers félons, Philippe et Gautier d'Aulnay, furent écorchés, châtrés, pendus au gibet de Pontoise '.
Quant à Jeanne de Bourgogne, la riche héritière d'Oton IV et de Mahaut d'Artois, elle avait toujours protesté de son innocence et crié qu'elle était sans péché : elle semble n'avoir été coupable que d'une trop grande discrétion à couvrir le crime d'autrui. Les chroniqueurs sont divisés au sujet de sa vertu : les uns l'excusèrent, les autres la tinrent pour l'un de ces scorpions qui sommeillent dans toute créature féminine, au dire de savants théologiens. Son grand et pacifique mari, le roi Philippe le Long, la reprit; et ils vécurent heureux par la suite. Q.uand elle fut veuve (1322), la reine était alors sur la trentaine et pouvait habiter le domaine de Nesle que le roi lui avait donné en 13 19. Jeanne mourut le 31 janvier 1329, ayant ordonné à ses exécuteurs de vendre son hôtel pour fonder le collège de Bourgogne ''.
Les amours de Buridan furent racontées pour la première fois en 1470 par un étudiant de Leipzig, Nicolas Jencz, qui avait séjourné à Paris, et déclare avoir recueilli ces renseignements de la bouche d'un centenaire encore vivant en 1460. Ce dernier prétendait avoir vu dans son enfance Buridan fort âgé ; et ce philosophe lui aurait rapporté qu'une certaine reine de France, nommée Navarre, avait attiré à elle plusieurs adolescents, étudiants de l'université de Paris, qu'on n'avait jamais vus revenir. Or Buridan, picard de nation, était un homme ingénieux et résolu, qui avait décidé d'empêcher la noyade des misérables amants que l'on précipitait du palais de la reine situé sur la Seine. Il s'était présenté devant la princesse qui avait apprécié sa bonne mine, l'élégance de son costume, son adresse à jouer à la balle et sa légèreté à courir. Elle l'appela dans son