A. Longnon, Etude biographique, p
entendait bientôt professer. Cette maison de la Porte Rouge, de nombreux documents ecclésiastiques nous permettent de rimaginer. Elle pouvait se composer d'une grande chambre et d'une petite, contenir un retrait, celliers d'hiver et d'été pour le charbon et les queues de vin, un pétrin avec de vieilles huches. Dans les chambres on voit sans doute un lit avec ses courtines de serge, quelques bancs, un bassin de toilette à pied, un dressoir garni de hanaps de bois, de quelques aiguières de métal, de petits couteaux et de cuillers ; des coffres renferment le linge, les « obligations et les titres » ; la garde-robe comprend des draps de lit, des oreillers, des chaperons et quelques manteaux fourrés. Tout le luxe de cet intérieur peut consister en certains gobelets émaillés, en aiguières d'argent; en quelques livres, toujours les mêmes : un Décret, un Missel, un Bréviaire, une Somme, V Apocalypse en français ou le Roman de la Rose \
Or, tandis que Guillaume de Villon vivait paisiblement dans sa maison de la Porte Rouge, une pauvre femme, sa parente sans doute, demeurait au quartier des Célestins : elle devait alors être veuve. Et comme elle se sentait pauvre et délaissée, elle prit un jour par la main son petit garçon qui se nommait François. Elle traversa la Seine et vint le présenter au chapelain de Saint-Benoît.
Aventure pleine d'inconnu qu'un si jeune enfant tombant dans la maison d'un ecclésiastique ordonné, de cette « discrète et scientifique personne » M'^ Guillaume de Villon ! Mais comme il était bon et avait du bien, il garda le jeune François dans sa demeure, résolu à lui tenir lieu de père.
Et la pauvre femme s'en fut consolée.
I. Cf. A. Vidier, Noies et docuiiienls sur la Sainte-Chapelle, p. 79, 164.