Du Brcul, op. cit., p
4. Elle pesait, dit-on, i.soo livres. Une autre cloche la remplaça en 1681.
5. Réparée le 17 décembre 1397, elle fut descendue en 1401. Le 16 janvier 1429 M» Robert Chauvin, le charpentier juré, et le maître qui devait refondre la Jacqueline, constatent des défauts dans la Marie. On ne devrapas la sonner avant qu'elle soit réparée. Les hunes du beffroi manquent de solidité ; et si la cloche tombait, elle causerait un irréparable dommage. Le 21 juillet on ordonne de la descendre du gros beffroi. Le II août 1434 on doit refaire encore un nouveau battant. En 1472, il faut la refondre encore : cette fois on la fera plus grosse que la Jacqueline et on lui ajoutera le métal de la Gillebert : Ordinatum est quod campana Maria Jiat magis grossu quam sit Jacqueliiia (Arch. Nat. LL. I2X, p. 629). Le 22 mai 1424 les quatre grosses cloches sont dites : la Marie, la Guillaume, la Pasquier, la Gillebert {Ibid., LL. 112).
lot de Louvain, serrurier de la cathédrale, refit un battant neuf; mais les chanoines ne la laissèrent sonner qu'après s'être assurés qu'elle ne courait plus aucun risque '. On la refondait encore au Louvre à la fin de l'année I45i;le 5 janvier 1452, Jean Morain, le clerc des œuvres, déclarait aux échevins que la Jacqueline pourrait passer sur le pont Notre-Dame sans y causer de dommage ^ Le gros bourdon est encore brisé en 1479 '.
D'abord ce furent les marguilliers laïcs qui tirèrent les cloches. Mais bientôt ils jouiront de grands revenus, de 120 à 140 livres. Ils étaient alors devenus si gros qu'ils ne voulaient plus rien faire personnellement de leur office : fermer les portes, coucher la nuit dans l'église, veiller sur la grosse tour, allumer les cierges et les lampes, nettoyer les chaises, housser les murailles, exécuter les sonneries suivant les ordres du chapitre. Ils ne voulaient plus surtout tirer les cloches, monter aux tours qui avaient, disait-on, autant de marches que l'année comptait de jours. Ces gros marguilliers avaient des valets pour les remplacer partout : la sonnerie, ils la baillaient à ferme moyennant 15 livres par an. Il fallait alors cinquantequatre personnes pour mettre en branle les cloches qu'on ne tirait pas d'en-bas, à la volée : on vit alors des inconnus s'introduire dans les tours, de pauvres gens qui dérobaient les plombs de la terrasse. Ils montaient du charbon pour se chauffer, ou bien fichaient leurs chandelles contre le beffroi. Ils gâtaient tout : c'est ainsi que ces misérables avaient brisé la Jacqueline, en l'absence des marguilliers. Ces gros fermiers s'en remettaient à ces mercenaires : l'un allait à la taverne, l'autre à sa pratique, un troisième à son office *. Cela, Villon ne l'ignorait pas. Et c'est pourquoi, à son enterrement de pauvre, il
1. Journal d^un bourgeois de Paris, p. 256 (Notes de M. Tuetey).
2. Arch. Nat., Z'« 11, fol. 9. — Avant cette autorisation, on voit que Guillot Rouart, gantier demeurant nu bout du pont, faisait le guet afin qu'on ne la passât pas (Arch. Nat., KK. 407, fol. 129).