Sur tout ceci, Arch. nat., LL
4. Procès du 3 avril 1481 entre le chapitre et les marguilliers (Arch. Nat., X'» 4822, fol. 209 \'o ; fol. 237, 26 avril).
demandera que les plus riches hommes du Paris d'alors remplissent cet office misérable de sonneurs de cloches à Notre- Dame.
Tota pukhraes. Maria : ainsi chantaient les chanoines à l'antienne du dimanche des Rameaux : Vous êtes toute belle, ô Marie ! Et plus d'un sans doute pensait avec orgueil à la glorieuse cathédrale. C'est vrai qu'elle était toute belle, la sacrosainte église de Paris : et sa majesté « terrible » paraissait aussi évidente aux hommes de ce temps qu'à nous-mêmes '. Ils savaient déjà que la cathédrale l'emportait en beauté sur toutes les autres ; que cette longue antiquité, qui détruit peu à peu toutes choses, ne l'avait pas atteinte ^ C'est peut-être du parvis, dans le brusque raccourci que présentaient l'ample portail et les tours menaçantes, que cette beauté puissante était sans doute le plus sensible ; et Saint-Jean-le-Rond, le minuscule baptistère, blotti à ses pieds, semblait en exagérer encore la mesure.
Après avoir franchi l'une des portes de bois, recouvertes de cuir et ornées de clous, quand le regard s'était accommodé à la grande ombre qui vous enveloppait, on admirait d'abord la forte et juste proportion des pilastres, les larges colonnes et leurs chapiteaux à crochets^ les tribunes, les roses, les vitraux étincelants des parois, les hautes voûtes d'où pendaient deux grandes roues de fer pouvant recevoir cent cierges '.
A droite, au second pilier ^, on voyait la gigantesque statue de saint Christophe portant notre Sauveur sur ses épaules au travers d'un bras de mer : bon géant, tout bariolé, qu'avait sculpté M"^ Vincent, un peu contre le gré des chanoines qui
1 . Illa terribilissima gloriosissime Virginis Dei genitricis Marie ecclesia (Jean de Jandun, dans Paris et ses historiens, p. 44).