Arch. Nat., série Z' F
2. Cette cérémonie avait lieu le Vendredi-Saint. Le 21 avril 1424 Bedford procéda à cette solennité pour le roi Henr)' VI (Bibl. Nat., Dupuy 250). Cf. Lebeuf, éd. Cocheris, II, p. 535.
3 . Le jour de la translation de saint Louis, on montrait les reliques au peuple en présence de l'évéque, du prévôt, du président du Parlement ; il y avait ensuite un dîner en l'hôtel du Chantre (Bibl. Nat., fr. 22392, fol. 280 vo).
4. Jean de Jandun, dans Paris et ses historiens, p. 47 ; Guillebert de Metz, ibid., p. 159 ; Antonio d'Asti, ibid., p., 537-539 ; H. Omont, dans le Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, 1904, p. 190.
voleurs. Un certain Jean Moreau, dit Nattier, qu'on retrouvera parmi les Coquillards, y dérobera une paix d'argent doré '.
Quand on redescendait dans la cour, on voyait l'hôtel du trésorier et les nombreuses maisons canoniales qui la remplissaient en partie et s'allongaient jusqu'à l'enceinte du Palais, vers la Seine. C'est là que vivaient les chanoines bien prébendes; car, en récompense des terres perdues en Normandie pendant la conquête anglaise, la Sainte-Chapelle touchait recette sur les cinquante changes et les cinquante-et-une forges du Grand- Pont, et les onze loges à tassetiers contre la Grand'salle et les cuisines du Palais \
Pour sortir du Palais, il fallait passer devant la petite chapelle Saint-Michel, et sous la porte fortifiée du même nom. On se retrouvait rue de 'la Barillerie.
Le promeneur qui gagnait la ville devait longer le Palais, dépasser la tour carrée où demeurait le greffier avec ses paperasses ' : elle était nommée Tournelle civile ou Tour de l'horloge, car on y vit la première horloge publique de Paris ^.
On avait alors devant soi le Pont-au-Change.
§ III. — La Ville et ses environs.
Pour passer de la Cité dans la Ville, on empruntait soit le Pont Notre-Dame, construit de bois et tout maisonné, soit le Grand-Pont que l'on nommait surtout le Pont-aux-Changeurs et populairement le Pont à billon. Ce dernier était en quelque
1. Archives communales de Dijon, C. 5, pièce 55 ; voir aussi Arch. Nat., X'" 8306, 6 juillet 1458.
2. Bibl. Nat., fr. 22392, Comptes de la Sainte-Chapelle, recette de 1441. — Cf. A. Vidier, Notes et documents sur la Sainte-Chapelle, 1902.
3. Le bon greffier Nicolas de Baye avait fait murer la tour lorsque Charles VI vint se loger au Palais avec toute sa suite, le 16 septembre 1410 {Journal, I, p. 33 s).
4. Un arrêt de 141 3 obligea la ville à payer cinq sous par jour à l'horloger F. Aubert, le Parlement de Paris, I, p. 396). Cf. Guillebert de Metz, p. 158. Au temps de Villon, Jean de Manicourt était garde de l'horloge (Arch. Nat., KK 407, fol. 93).
sorte doublé par un pont de bois où tournaient de nombreux moulins ; on ne les voyait pas, mais quand on passait devant les changes on entendait le bruit de leurs roues.
Le Pont-au-Change était peut-être l'endroit le plus animé de Paris. Jadis ce pont avait été occupé par les ciseleurs de vases de métal, d'étain et de cuivre dont les marteaux, frappant sur l'enclume, marquaient une cadence harmonieuse; et on y avait vu encore des écrivains, des enlumineurs et des relieurs de livres '. Mais au temps de François Villon les changeurs occupaient seuls les louages d'un côté du pont, les orfèvres, les boutiques de l'autre côté. Quand la ville était dans toute sa fleur, tant de gens traversaient le Grand-Pont qu'on disait être sûr d'y rencontrer toujours un « blanc moine et un blanc cheval » -. Les bateaux qui passaient sous les arches, ou venaient s'y arrimer, acquittaient un droit au fermier de l'arche, qui fut en ce temps-là Etienne Garnier'.
Parmi les changeurs dont les boutiques ouvraient sur le pont, il y avait plusieurs connaissances du poète ^. Ainsi le 14^ change avait été occupé par Regnaud de Thumer}' > ; le 16"^, par Chariot Taranne ^ ; le 23^ par Guillaume Perdrier ; le 24^ appartenait à Jacques Cœur, et le 46^ était loué à Jean Culdoe'. Là on voyait aussi ce riche Germain de Marie, le jeune Marie que Villon nommera son changeur^. Et parmi les orfèvres qui y tenaient boutique, on pouvait rencontrer Jean de Blarru ^, un riche vendeur, qui sera bientôt élu prince de la confrérie des orfèvres à Notre-Dame '°. C'était un puissant personnage, allié à des familles du Châtele,t, de notaires du roi, de maîtres des Comptes que Villon devait bien connaître. Bon métier que celui de forger et de fondre en ce temps-là images saintes, châsses