Guillebert de Metz, p
6. On doit noter toutefois qu'une nommée la Saulcissière habitait rue Michel-le- Comte en 1467, voisine du drapier Jacques Cardon (Arch. Nat., S. 1448s, fol. 51 vo).
7. Sur la Grande-Boucherie et ses privilèges, voir le procès de 1460 (Arch. Nat., X'» 8306, fol. 206 vo) et surtout X'» 4816, fol. 58, le 5 janvier 1475 n. st.
8. Arch. Nat., X" 41, 4 mars 1476 n. st., et l'introduction de Marcel Schwob au ms. de Stockholm, p. 36-39.
que les puissantes familles de bouchers avaient joué en prenant le parti du duc de Bourgogne dans la révolution parisienne de 141 3, l'antique Boucherie avait été reconstruite seulement de 1418 a 142 1. Elle était donc encore dans sa nouveauté quand François Villon put la voir. Mais la propriété de ses étaux demeurait toujours entre les mains des vieilles familles qui les faisaient exploiter : les Saint-Yon, les Thibert, les Marcel, les Boucher, les Haussecul, les Taranne, les de La Dehors. Car les maîtres bouchers, qui formaient une communauté ayant son conseil, sa justice, sa prison ', abandonnaient les animaux aux écorcheurs. C'était un bon métier que celui d'abattre les bêtes, et qui rapportait à son homme 24 s. p. par jour; mais il exigeait de la force, entre autres pour suspendre les quartiers de bœuf aux crochets. Les écorcheurs étaient de mœurs rudes et parfois on les voyait se poursuivre, le couteau à la main, sur ce sol gras \ Quant aux bouchers, ils n'exerçaient pas eux-mêmes le métier. Ils avaient des valets, qui prêtaient serment à leur maître, leur devaient honneur et obéissance. On leur défendait de souffler, de piquer les veaux, les moutons, de rien mettre sur les rognons pour les faire gonfler. Et, lorsqu'ils vendaient, ils ne devaient médire de personne, ni user de vilaines paroles, ni jurer : il leur était aussi recommandé de ne pas jeter au visage des acheteurs leur bâton à suspendre la chair ^ Chose remarquable, les familles de maîtres bouchers avaient des liens avec celles qui remplissaient des charges au Châtelet. Le garde de la juridiction des bouchers était en 1430 Guillaume de la Haye, licencié en lois, conseiller et avocat du roi au Châtelet ; Guillaume de Bar, procureur au Châtelet, était en même temps procureur du métier; Jean du Fossé, un autre procureur, tabellion de la juridiction qui leur était particulière et qui siégeait dans la maison de l'un des maîtres bouchers. Pierre de La Dehors, qui fut si longtemps lieutenant criminel du Châ-