‹ François VillonChapitre 226 sur 262 · Guillebert de Metz, p · texte numérisé non relu

Guillebert de Metz, p

4. Arch. Nat., JJ. 179, p. 206. — C'est là que Racine écrivit les Plaideurs, chez la ▼euve Bervin ; et là aussi que fréquenta Boileau (Francisque-Michel, Histoire des Hôtelleries, II, p. 503).

5. Arch. Nat., Z'^ 20, 7 juillet 1456. — 6. Voir ch. VII, § 11.

saint Louis, qui les avait introduites en France, elles étaient honnies, comme le furent tous les ordres nouveaux '. Car on disait que tous ces Mendiants, Bégards et Béguines, avaient abandonné les champs pour la ville « parce qu'au désert les corps ne sont pas gras et qu'ils ne mangeaient pas leur saoul... multipliés par le pain, le vin et Thuile, ils se reposaient maintenant dans les villes comme les fidèles du Christ \ » Villon demeurait donc encore dans la tradition en leur souhaitant de grasses soupes \ Il y avait là, dans cet hospice, des jeunes filles ^ ; des veuves, vivant pieusement sous la direction de religieuses et payant une redevance. Les portes de l'hôtel étaient closes de bonne heure ; nulle Béguine ne devait aller aux étuves hors de la maison, coucher en ville, introduire un homme au dortoir ou des filles de mauvaise vie. Les Béguines devaient assister aux offices et entendre, jusqu'à la fin, le sermon ; ne pas se disputer entre elles. Quand l'une fautait, on la chassait et on louait sa chambre au profit de la communauté \ Mais ce que nous savons surtout des Béguines du temps de François Villon, c'est que leur ordre tombait en profonde décadence. Il demeurera seulement trois Béguines quand Louis XI, en 147 1, installera dans ce couvent les religieuses de l'Ave-Maria ^.

En empruntant un peu plus loin la rue des Prêtres ', on débouchait rue Saint-Paul, en face du porche de la paroisse des rois de France ". L'hôtel royal, où descendra encore Louis XI

1. Voir le spirituel dit de la Béguine dans Rutebeuf (Œuvres, I, p. 186-187):

En riens que Béguine die — N'entendeiz tuit se bien non ; — Tôt est de religion — Q.uanqnc hon trueve en sa vie : — Sa parole est prophecie ; — S'ele rie, c'est compaignie ; — S'el* pleure, devocion — S'el' dort, ele est ravie ; — S'ele songe, c'est vision ; — S'ele ment, non creeiz mie... — Se Béguine se marie — S'est sa conversations... — Or est Marthe, or est Marie.

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