‹ François VillonChapitre 231 sur 262 · I. Bicètre. — i. Droit de passage · texte numérisé non relu

I. Bicètre. — i. Droit de passage

3 . Bibl. Nat., fr. 1 1686, fol. 26 r», etpassim, compte de Denis Hesselin de 1488-1489. Dans le compte de 1470-1471 (Arch. Nat., KK. 410) on voit que, par exception, et malgré le procès de la ville et des Cclestins, la tour de Billy est louée à Guillaume le Tixerant, « manouvricr à louaige », pour 32 s. p.

Le grand et fort château de la Bastille-Saint-Antoine dominait, de sa masse carrée et de ses grosses tours, tout ce quartier, ses vastes jardins fleuris et ses beaux hôtels. On en vantait la. robustesse et la discrétion ' : le roi pouvait entrer par là dans sa ville et en sortir secrètement \ Dès qu'on avait franchi la porte Saint-Antoine, on avait devant soi ces terrains vagues où le roi Louis XI passera en revue les milices '.

En redescendant la grand'rue Saint-Antoine, on laissait à sa droite le prieuré de Sainte-Catherine du Val : c'était une pauvre congrégation^ que les écoliers de Paris connaissaient bien, car ils y venaient régulièrement en procession. On y voyait représentés les sergents d'armes qui gardaient le pont de Bouvines. Dans l'un d'eux, sans doute, on croyait voir l'image de Bertrand Du Guesclin « le bon breton », tel qu'il était en son vivant '.

Cette partie de la ville était seulemeut à demi construite. II y avait là beaucoup de clos et d'arbres, surtout le long de l'enceinte. A la « culture » Sainte-Catherine s'étendaient les lices pour les champions ^ ; non loin s'élevait le vaste hôtel des Tournelles, habité par les d'Orgemont, le duc d'Orléans, le duc de Bedford, et que les rois préféreront à l'hôtel Saint-Pol ; le grand et le petit hôtel Barbette que possédera Michel Culdoe '' .

Un peu plus bas se trouvait le petit Saint-Antoine, où les

religieux hospitaliers s'étaient établis au temps du roi Jean

pour soigner le feu sacré, le mal des ardents, le très cruel mal

Saint-Antoine. Si l'on déteste cordialement quelqu'un, à Paris,

on lui souhaite, comme Villon le fera à Jean de la Garde, ce

feu-là :

De par nioy Saint Antoine Tarde ^ !

Et Villon, qui le sait par expérience, dira encore les flammes

d'amour :

Plus chauldes que feu Saint Antoine 9.

I. Guillebert de Metz, p. 194. — 2. Antonio d'Asti, p. 535. — 3. Arch. Nat., Z'H 16, 20 avril 1474. — 4. Rutebeuf, I, 166; Bibl. Nat., ms. Legrand, 6984, ad. a. 1477. — 5. Guillebert de Metz, dans Paris et ses historiens, p. 191-192. — 6. Guillebert de Metz, p. 220. — 7. Ch. Sellier, Le Quartier Barbette, 1899, p. 92. — 8. L., V. 265. — 9, T , V. 600.

< ai

On peut rencontrer dans ces parages les douze compagnons du saint qui ont licence d'errer parmi les rues de la ville en portant des sonnettes ' : ces bonnes bêtes font de leur mieux la voirie, comme les chiens d'Orient". Les religieux de Saint- Antoine ont seuls à Paris le privilège de nourrir des pourceaux : cette porcherie fait le coin de la rue des Juifs et de la rue des Rosiers \ Et la Crosse, non pas la crosse épiscopalc, mais l'enseigne d'une hôtellerie célèbre à Paris, que Mllon lègue aux deux vieux chanoines de Notre-Dame, ne doit pas être loin ^.

La rue Vieille-du-Temple aboutissait à un grand champ, clos d'un côté par les murs de la ville. Ce pré, tondu et ras, limité d'autre part par la muraille des Enfants-Rouges, le mur crénelé de l'enceinte du Temple, et dominé par le gros donjon cantonné de tourelles à poivrières, c'était la « culture » du Temple. Dans cet ancien marais on cultivait en effet des légumes > ; de grands jardins régnaient le long de l'enceinte de la ville jusqu'à la porte du Temple^. Les religieux de la Commanderie devaient la nuit y monter la garde : car maraudeurs et vauriens s'y donnaient rendez-vous ".

Il faut avouer que c'est là une plaisante imagination, si Ton doit de l'argent à un de ces avocats, qu'on assure alors si âpres au gain **, de supposer dans ce désert un change où on lui assigne en payement une monnaie d'or, un reati''. C'est possible

Page 1