‹ François VillonChapitre 238 sur 262 · Arch. Nat., S. 1461= ; LL. 1383; S · texte numérisé non relu

Arch. Nat., S. 1461= ; LL. 1383; S

4. Arch. Nat., H. 3462, censier de Sainte-Opportune de 1470 à 1475.

5 . Bibl. Nat., fr. 1 1686. — Voir à l'appendice la notice sur les deux Bailly. — « L'eau de la fontaine publique qui y tient [à Saint-Innocent] est si bonne, et celle de la fontaine Maubué 'de la rue Saint-Martin l'est si peu, qu'on n'en puise presque à celle-là que lorsque celle-cy ne va plus; et pour cet effet on dit, quand la première ne va point: Allons à Matthuc, Saint-Innocent ne vaplus. » (Proverbes de Paris, Notes de Sauvai, Bibl. Nat., ms. Baluze, 213). — 6. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 393.

portion située hors des anciens murs, la maison du Barillet que possédait Denis le Cornu à cause de sa femme ; Jean de Calais y louait une maison aux marguilliers de Saint-Jacques la Boucherie ; en deçà des anciens murs, on voyait la maison des Trois degrés qui appartenait à Nicolas de Louviers; l'hôtel de la Herse, que Martin de la Planche, notaire du roi au Châtelet, avait acheté de Marguerite de Louviers et de son mari, le drapier. Thibaud de Vitry y possédait une maison proche de l'ancienne porte Saint-Martin '.

Un peu plus loin on rencontrait l'Hôpital Saint-Julien des Ménétriers où pouvaient loger les « pèlerins passans. » Mais tous ces hôpitaux n'intéressaient pas Villon. On leur léguait trop : lui, dans ses Lais, leur donnera seulement le bois de son lit ^ Un peu plus bas était la rue des Ménétriers, jadis le rendezvous des jongleurs qui y tenaient école '. Ils s'assemblaient maintenant au premier étage de la salle de Saint-Julien, où on hospitalisait en bas les indigents ^. Et sans doute ils ne sont pas différents d'eux, les pauvres vielleurs qui réjouissent alors les cortèges des noces ou montrent des animaux'. Donnons-leur un souvenir puisque Villon a si joyeusement salué toute ménestrandie ^. Un peu plus loin encore on apercevait l'église Saint-Merry, une riche paroisse '.

La rue Saint-Denis était l'artère commerçante de Paris, celle où demeuraient les épiciers, les apothicaires et les selliers ^ Le couvent des Filles-Dieu s'élevait presque à l'extrémité de cette rue, à main droite '. Il avait été établi au temps de

I. Arch. Nat., S. 1461^. — 2. L., v. 233. — 3. Guillebert de Metz, p. 209. On rencontre le vicus viellatorum dès 1225 ; les statuts des ménestrels datent de 1321 (Voir Boum on, Additions).

4. Bournon, op. cil. — 5. Paris et ses historiens, p. 428. — 6. T., v. 1704, 1979.

7. Parmi les personnages qui y furent inhumés, mentionnons Henri Clutin le changeur, \ 1418 ; Jean de Vaudetar, maître des comptes f 1414 ; Regnaud de Thumery, m» des monnaies f 1434; Gilles Cornu, notaire et secrétaire du roi et changeur du Trésor, f 1482 (Lebeuf, add. Cocheris, II, p. 216 et s. ; abbé Baloche, Histoire de la paroisse, I.)

8. Guillebert de Metz, p. 208. — 9. A. Bonnardot, Appedice aux études archéologiques sur les anciens plans de Paris, p. 25. La rue du Caire a été percée sur l'emplacement de ce couvent.

saint Louis, entre Saint-Lazare et Saint-Laurent, pour servir de refuge aux filles repenties : les religieuses devaient y recevoir en outre les pauvres indigentes malades. Pendant les guerres anglaises, les Filles-Dieu étaient rentrées dans la ville. Elles devaient alors hospitaliser la nuit les pauvres femmes mendiantes, à qui, le matin, elles donnaient un denier et un pain. Les Filles-Dieu chantaient les heures canoniales dans leur chapelle et se tenaient dans une partie de l'hôpital séparée de la salle où étaient les lits destinés aux pauvres passantes qui, elles, étaient servies par des converses portant l'habit de Filles-Dieu ; ces dernières faisaient aussi les lits et récitaient quelques patenôtres, tandis que les Filles-Dieu clergeresses chantaient seulement les heures '.

Mais, de s'installer en la rue Saint-Denis, il paraît que cela n'avait pas modifié la conduite des Filles-Dieu : elles ne vivaient pas, disait-on, très chastement ^. Des pécheresses qui, toute leur vie, avaient abusé de leurs corps et étaient tombées dans la mendicité, occupaient du moins les lits des pauvres « femmes passantes ». Bientôt il n'y aura plus de religieuse qui sache y chanter les heures canoniales ; la maison sera comme inhabitée et les converses refuseront de faire les lits. Il est bien difficile de se former une opinion sur la réalité de tous ces faits ; il suffira de rappeler que les Filles-Dieu furent détestées à Paris, dès leur établissement, comme tous les ordres mendiants :

Diex a nom de filles avoir.

Mais je ne puis oncques savoir Que Dieux eust famé en sa vie...

Je dis que ordre n'est ce mie, Ains est barat et tricherie Por la foie gent décevoir.

Hui i vint, demain se marie ; Li lignaiges sainte Marie Est plus grant que ne fu ersoir !

1. Du Breul, op. cit., p. 885 et s. ; Lebeuf, éd. Cocheris, I, p. 139, 274; F. Bournon^ Additions, p. 43.

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