‹ François VillonChapitre 251 sur 262 · Œuvres, éd. Jubinal, L P · texte numérisé non relu

Œuvres, éd. Jubinal, L P

qui ne voient goutte ! » Ils s'installaient aux portes des moûtiers et des églises, devant une petite table à reliques ; ils se promenaient à travers les rangs de fidèles, récitant des prières à leur dévotion ou suivant la fête du jour '. Au xv« siècle, on désignait encore un de leurs membres « un frère aveugle en l'église des Quinze- Vingts. » On fondait des messes dans leur hôtel de la rue Saint-Honoré "■ ; ils vendaient des pardons ' à ceux qui visitaient leur chapelle, du vin dans le pourpris de leur maison. Or un de leurs privilèges était de se tenir précisément dans l'église des Innocents, d'avoir le droit d'y quêter. Comme le peuple parisien se portait en foule à ce grand cimetière, entre autres le Jour des Morts, c'était là un privilège important que leur avait vendu le chapitre : sept d'entre eux y chantaient vigiles'^. Villon a donc pu voir, dans l'église ou dans le cimetière, ces aveugles quêteurs qui proposaient à grands cris de réciter à votre intention quelque prière ^ Et c'est pourquoi, à ces aveugles, il a laissé ses propres lunettes pour distinguer les bons trépassés des mauvais.

Quand ils allaient s'ébattre hors de la ville, ou qu'ils se rendaient en procession à Montmartre ^, les Parisiens montaient la grande rue de ce nom. Ils passaient alors très près de la chapelle Sainte-Marie-l'Egyptienne, dont le culte leur était cher ', et ils

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