I. Guillebert de Metz, p. 231. — 2. T., h
3. Le sens est fixé par le Débat de l'amant et de la dame, dans le Jardin de Plaisance :
Pour convoiter on pert repos et- somme — Cuydant gaigner deux deniers sur escu ^ Mais a la fin le beau pardon de Rome — Vient sur les rencz, car c'est très mal vescu.
4. Du Breul, op. cit., p. 1273. Jean Gerson (Œuvres, 4^ partie) déclare la façon de vivre d'Antoine, l'anachorète, très rude. — Coïncidence admirable, le calvaire du Mont-Valérien se voit aujourd'hui à Saint-Pierre de Montmartre 1
5. Olivier de la Marche, éd. Beaune et d'Arbaumont, II, p. 262. — Nous parlerons plus loin des porteurs de bulles. Mais il ne faut pas oublier que chez Villon beaucoup de legs ne sont que dons imaginaires.
6. Quant les nonnains se vont par le pays esbatre — Les unes a Paris^ les autres a Mont-
3l6 FRANÇOIS VILLON. SA VIE ET SON TEMPS
C'est vrai d'ailleurs que l'abbaye était un « lieu ancien », puisqu'on la tenait pour fondée par Louis le Gros et sa femme, qu'elle était exempte de l'ordinaire, et même du siège apostolique ' : l'on y montrait les grands et insignes reliquaires de saint Denis et de ses compagnons.
Jadis l'abbaye avait joui d'assez gros revenus sur diverses maisons à Paris, sur des terres aux environs, à Clichy, à la Chapelle Saint-Denis, à Bourg-la-Reine, à Longchamps, à Auteuil, sur la dîme des vignes qui se payait en vin ou en argent ^ ; et on aurait pu y compter une soixantaine de religieuses. Au temps de Villon, il n'en demeurait plus guère que six, et les revenus de l'abbaye étaient nuls ' : la plupart de ses maisons tombaient en ruine '^ ; pour subsister, les religieuses devaient tirer parti de tout, tenir une taverne publique et vendre du vin à Paris \ La vie, dans cette pauvre maison, était, comme il arrive, fort libre ; les hommes y entraient parfaitement. Quant à l'abbesse, que l'on nommait Madame, et qui était élue par ses compagnes, elle recevait un homme à sa table ; elle allait souper aux noces de la Bougealle; au commissaire du chapitre elle envoyait des faisans, des chapons gras et des lapins. Et c'est un fait que lorsque Madame « estoit
martre — Tel fois emmaine deux qu'on en ramainne quatre — Car s'en en perdoit une il les convanroit batre
(Œuvres, éd. Jubinal, I, p. 242^. Cf. Martin le Franc, Champion des Dames, éd. 1530, fol. 178 \° :
Dea je cuidois que nous contasses — De mainte aultre bonne marastre — Dit l'Adversaire, et nous veutasses — Ou Messaline ou Cleopatre. — Leur fait n'est tant obscur ou atre — Q.u on ne le puist bien révéler : — Toutes les nonnains de Montmartre — N'ont ainsi fait d'elles parler.
Sauvai a recueilli à leur sujet un étonnant dicton : « A Montmartre y a plus de putains que de vaches ; et s'il n'y avoit point de nonains, il y auroit plus de vaches que de putains » (Prov. de Paris, Bibl. Nat., ms. Baluze 213).