Voir Durand de Maillane, op. cit., ad. v. Chapelle
5. Entre maistre Jehan des Plans, appellant de Michault Cochon... et maistre Guillaume Adhémar, abbé de Cancellade [la Chancellade], intimé... Breban, pour l'appellant, dit que l'arcevesque de Tours, qui est à présent, lui estant evesque de Perigort, obtint provision du pape de la cure de Vertut, pour ce que son evesché estoit de peu de valeur. Partie adverse y prétendit droit... Champront, pour l'intimé, dit... qu'il présuppose les sains decretz et ordonnances qui avoient lieu l'an iiij c Lilj par lequelz toutes réservacions estoient défendues et les nominacions des Universitez permises. Dit que l'intimé, comme escollier à Tholose, fut nommé à la collacion de l'evesque de Perigueux et lui fut ladicte nominacion insinuée ledit an liij, auquel on vaca ladicte cure, dont l'intimé demanda oudit evesque la collacion ; qui respondit que il ne feroit riens pour ceste mauldicie damnée Pragmatique Sanction. Dit que il avoit bulles de pape Nicolas par lesquelles lui estoit permis réserver trois bénéfices en trois provinces et lui mesme se conféra ladicte cure et se bouta dedans... Halé, pour le procureur du roy, dit que l'intimé.., se fonde sur les arrestz de céans et du grant conseil et sur ung tiltre de nominacion de l'Université, lesquelz il n'a veuz.., etc. (Arch. Nat., X" 83 11, fol 241).
Et la faveur l'emporta, une fois de plus, sur la science ou le mérite.
Mais, ce qu'on peut tenir aujourd'hui pour démontré, c'est la qualité autant ecclésiastique que laïque de notre poète, en dépit du genre de vie qu'il adoptera. Villon, comme suppôt de l'Université, pouvait jouir d'une chapellenie ; très vraisemblablement, ainsi que beaucoup d'autres clercs, il portait la « simple tonsure ». A ceux qui douteraient encore du caractère mi-laïc, mi-ecclésiastique de M^ François, je demanderai pourquoi au huitain 172 de son Testament il a fait intervenir le c( maître des testaments » ? C'était un juge ecclésiastique, attaché à l'Evêché de Paris, et qui avait seulement connaissance des testaments des religieux de ce diocèse ; mais, de même, Villon nommera Jean de Calais, notaire au Châtelet, qui connaissait des testaments des laïcs \
Il reste à dire quelles traces laissa dans l'œuvre de Villon le quinquiennium qu'il passa, et comme logicien et comme physicien, dans l'Université de Paris ; ce qu'il a su du monde antique. Peu de choses en vérité. Aucun esprit ne fut moins livresque que le sien, et maître François ne prisait pas l'étude.
Chaque fois qu'il a nommé un livre, sauf le « noble » Roman de la Rose, ce fut pour lui l'occasion d'une plaisanterie. Il a cité le Donat % c'est-à-dire le traité d'^Elius Donatus, de octo partibus orationis, un livre de grammaire latine élémentaire que l'on mettait entre les mains des jeunes enfants: mais c'est pour le dénoncer comme « trop rude » à l'intelligence de vieux chanoines, ennemis de Saint-Benoît. Il lègue VArs Memorativa, un ouvrage didactique, fort répandu et ridicule, à un personnage qui est un benêt à ses yeux'. Il a connu Macrobe, non pas d'après l'allusion au songe de Scipion que contient le début du Roman de la Rose, mais dans le texte latin des Saturnales : de ces disputes, de ces « enseigne-
1 . Nous reviendrons sur ce personnage qui n'a rien à voir avec le riche bourgeois •de Paris du même nom, marguillier de Saiut-Jean-en-Grève (Cf. l'appendice).