‹ François VillonChapitre 35 sur 262 · Poésies div., VIII. — 4. T., v · texte numérisé non relu

Poésies div., VIII. — 4. T., v

pour nous conter cette histoire, qu'il aima tant, du Grand Alexandre et du brigand. Mais elle ne se trouve pas chez cet auteur et vient du PoHcraticus de Jean de Salisbury ', le célèbre clerc anglais du xii^ siècle. Villon citera les commentaires traduits en latin de l'arabe Averroès sur Aristote, ouvrage très répandu dans les Universités, pour dire qu'ils lui ont été de nul profit "■ ; il alléguera une sentence des dits du pseudo-Caton % un petit traité de morale qu'on mettait entre les mains des jeunes enfants qui apprenaient le latin :

Inimicuni putes, y a, Qui te presentem laudahit.

Enfin, pour faire le plaisant, en tête de cette œuvre légère que sont par excellence les Lais, Villon tiendra à invoquer l'autorité d'un

Sage rommain, grant conseillier ;

et il nommera Végèce *.

Il n'y a guère plus à tirer des noms des héros mythiques,

de ceux de la Grèce et de Rome, qu'il paraît surtout connaître

par cette bible de toute poésie qu'était le Roman de la RoseK II

a cité le

Chien Cerberus a quatre testes ^ ;

la (( tour Dedalus » ", qui est le labyrinthe ; la « belle » nymphe Echo

Parlant quant bruit on mai ne Dessus rivière ou sus estan ^ ;

Glaucus qui domine « en la forest » ^ ; Jason qui conquit la Toison d'or et fut noyé en mer, « en ung bouillon » '° ; la

I. Ed. Longnon, p. 102, n. du v. 160. — 2. T., v. 96. — 3. Poésies div., VIII.

4. On ne voit pas que dans le De re militari Végèce ait prescrit de « conseiller ses œuvres». Si Villon fait allusion au prologue de la traduction de Jean de Meung, il faut reconnaître que c'est une banale préface, commune à tous les traités du Moyen Age, où l'auteur vante seulement la bonne coutume des anciens d'écrire des livres pour les offrir aux princes.

Page 1