‹ François VillonChapitre 37 sur 262 · Poésies div., XII, 25. — 14. Combats · texte numérisé non relu

Poésies div., XII, 25. — 14. Combats

t- 15. Les Pléiades, qui ont la forme d'une poussiniire à faire couver les poussins. 16. Empoisonnée.

La belle anecdote d'Alexandre, exemple de toute magnanimité et largesse, et son dialogue avec le brigand Diomedès % demeurent k type le meilleur d'un procédé constant chez Villon.

Rome est de même toute proche et lointaine dans son esprit. Elle représente pour lui la ville que la Fortune incendia d'un coup avec les Romains "^ ; Flora, c'est « la belle Romaine » \ Et Villon a nommé « caste Lucresse » la toute petite princesse, fille du duc Charles d'Orléans, salué a son tour du titre de ce César » *^. Carthage demeure la ville où Hannibal fut « atteint » ^ et sur laquelle régna

Dido la royne de Cartage ^

Et Villon sait encore que « Scypion l'Affriquan » est mort jadis ; que Pompée fut perdu en Egypte ". Il fera dire à la Fortune, comme s'il s'agissait du Christ au jardin des Oliviers :

Julles César au sénat je vendis ^.

Enfin Villon fera allusion, d'après la fabuleuse Histoire des sept sages, à cet empereur de Rome, inconnu d'ailleurs, à qui

Coula au ventre son trésor 9.

1. T., h. 17-20. — La première mention de cette historiette se rencontre dans un fragment de la République de Cicéron, rapporté par Nonius. La relation de Caecilius Balbus donne pour la première fois le nom du pirate « Dionides ». Il est évident que Villon suit le texte de Jean de Salisbury, dans son Polycraticus mais, semble-t-il, à travers une traduction de Jean de Vignay (L. Thuasne, Villon et Rabelais, app. I). Cette histoire se rencontre chez les sermonnaires, entre autres chez Jean Gerson, et devait être répandue (BibL nat., fr. 10468, fol, 280).

2. Et, une fois, Rome et Rommain ardis (Poésies div., XII, 23).

3. T., V. 330. Vraisemblablement la courtisane romaine mentionnée par Juvénal dans ses Satires (II, 9), très lues au Moyen Age. Mais il résulte aussi d'un texte de Gaguin (Epistole et orat lottes, éd. L. Thuasne, I, p. 230) que le nom de Flora désignait au xve siècle la courtisane type.

4. Poésies div., VUJ. — 5. //>/</., XII, 18. — 6. T., v. 1681. — 7. Poésies div., XII, 19, 21. — &. Poésies div.., XII, 20.

9. Poésies div., V, 24. (Conte Virgiliits de VHisloria septeni sapientinni cf. G. Pari», Romania, XXX, p. 385).

Si cette trop longue nomenclature nous montre, ou l'ignorance de Villon, ou le travestissement qui plut à son esprit, quelques huitains des Lais ' nous présentent certainement une satire assez fine du jargon de l'école, dont on peut bien penser que Villon avait horreur :

Ce faisant, je m'entroublié, Non pas par force de vin boire, Mon esperit comme lié ; Lors je sentis dame Mémoire Respondre et mettre en son aumoire Ses espèces collateralles, Oppinative faulce et voire.

Et autres intellectualles.

Et mesmement l'estimative, Par quoy prospective nous vient, Similative, formative, Desquelz bien souvent il advient Que, par leur trouble, homme devient Fol et lunatique par mois :

Je l'ay leu, se bien m'en souvient.

En Aristote aucunes foiz.

Dont le sensitif s'esveilla

Et esvertua Fantasie,

Qui tous organes resveilla.

Et tint la souvraine partie

En suspens et comme amortie

Par oppression d'oubliance

Qui en moy s'estoit espartie

Pour monstrerdes sens l'aliance ^.

C'est que le pauvre Villon, et par goût et par paresse, n'était pas dupe de tout ce fatras. Il fut, comme il l'a dit dans des vers difficiles, l'écolier de la misère et de la douleur ' :

Or est vray qu'après plainz et pleurs Et angoisseux gemissemens,

2. Allusion aux livres de sensatu et sensato, de nieiuoria, commentés pour la licence. Sur tout ceci voirie commentaire très complet de W. G. C. Byvanck (Spécimen d'un ^ssai critique, p. 196-199).

Après tristesses et douleurs.

Labeurs et griefz cheminemens, Travail mes lubres ' sentemens, Esguisez comme une pelote ^, M'ouvrit plus que tous les Commens D'Averroas sur Aristote.

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