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CHAPITRE IV

LES TROUBLES DE l'uNIVERSITÉ ET LA PREMIÈRE ŒUVRE DE FRANÇOIS VILLON

L'Université de Paris n'était pas seulement cette corporation des maîtres présidant à l'enseignement. Gardienne de la foi et de toute science, de nombreux privilèges en avaient fait un véritable état '.

Depuis Philippe Auguste, ses suppôts ne peuvent être jugés par le prévôt, mais seulement en cour d'église ; à dater de Philippe le Bel, on ne doit saisir en gage les meubles d'un écolier; Philippe de Valois les exempte de tous péages, tailles et impositions, et décide que leurs procès seront jugés à Paris : le prévôt de Paris et le recteur sont les conservateurs de ces étonnants privilèges \

Au milieu des désordres de la première partie dû xv^ siècle, le pouvoir de l'Université n'a fait que grandir. L'ahna mater, la fille du roi est alors toute orgueilleuse, et même rebelle. Vendue aux Bourguignons, encline d'ailleurs aux utopies démocratiques, elle a trahi devant l'ennemi et fait condamner la Pucelle. Elle triomphe delà papauté dans le schisme; elle triomphe avec les Anglais. Même après les revers de ces derniers, on la verra encore toute pacifiste. Mais alors elle est suspecte, et le c( grant Charles » va porter un coup terrible à son orgueil.

1. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, II, p. 183 et s.

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