‹ François VillonChapitre 39 sur 262 · Du Breul, op. cit., p · texte numérisé non relu

Du Breul, op. cit., p

De tous temps, les privilèges excessifs de l'Université avaient été une cause de troubles. En cas de conflit, par exemple, on voyait les maîtres prendre parti pour les écoliers et cesser leurs cours : ce qui ne manquait guère de causer des désordres plus grands encore.

On ne comptait plus les tumultes de l'Université. Il suffira de rappeler la rixe de 1229 entre les étudiants et les taverniers du Bourg-Saint-Marcel ; la querelle des Picards et des Anglais en 1281 ; la cessation des cours en 1303 parce que le prévôt avait fait pendre un écolier ; en 1404, un serviteur de Charles de Savoisy ayant lancé son cheval sur une procession d'écoliers, la magnifique demeure de ce chambellan du roi fut rasée ; en 1407, Guillaume de Tignonville, prévôt de Paris, avait fait pendre deux écoliers assassins : il dut humblement les faire dépendre, les baiser sur la bouche, les faire enterrer aux Mathurins, où Villon put voir leur tombe '. En 1440, trois sergents à verge du Châteletaya nt tiré violemment deux religieux du cloître des Augustins furent condamnés à faire amende honorable, en chemise et portant des torches, ainsi que nous les montre une vieille pierre que nous possédons encore ^

Le xv^ siècle nous présente donc une période de grands troubles universitaires. Cela est particulièrement vrai du temps où étudia Villon.

Ainsi, depuis le 4 septembre 1444 jusqu'au dimanche de la Passion, qui tomba le 14 mars suivant, on ne fit aucune prédication à Paris ; on ne célébra ni fête, ni dimanche, môme pendant l'Avent et le Carême K Car le recteur refusait alors de contribuer à une certaine imposition et se plaignait d'avoir été insulté par un des élus des finances. Dans le cours de l'année 1445 un maître es arts, nommé Jean Gouda, avait été emprisonné avec quelques autres écoliers. L'évêque de Paris les réclama comme clercs; l'Université entendait qu'ils fussent

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