‹ François VillonChapitre 68 sur 262 · I. Bibl. Naî., ms. lat. 5494'S fol. 41 (15 septembre · texte numérisé non relu

I. Bibl. Naî., ms. lat. 5494'S fol. 41 (15 septembre

clavés dans le quartier de l'Université. A la Sorbonne ils prenaient des pommes, des cerises et les raisins du collège : pour ces fautes on les privait de vin '.

Ils se répandaient grapillant parmi les vignes qui entouraient immédiatement Paris, en particulier dans la région méridionale. Sans doute ils étaient prêts à répondre, comme l'écolier de Noël du Fail, « que tout le surplus estoit l'ancien patrimoine de l'Université et escholiers, lesquels, par une longue succession d'années, par souffrance et honneste patience, s'estoient laissé ravir et perdre les droits qu'ils y avoient. » Ils alléguaient, non moins plaisamment, l'Ecriture sainte, les chartes et les titres conservés aux Mathurins leur donnant la propriété des pays adjacents de Vauvert. N'empêche qu'en cette saison, non loin des Chartreux et de la Porte Saint- Michel, de gros ribauds, massiers et sergents, les épiaient couchés sur le ventre ; ils fondaient, à grands cris, sur les maraudeurs qu'ils conduisaient devant le juge de Sainte-Geneviève, la tête liée et entortillée de branches de vigne, les ceintures et les manches de leur robe pleines de raisins, ressemblant à quelque cortège larmoyant de Bacchus. Quant aux bonnetiers, alliés de ces beaux massiers gardeurs de vignes, ils frottaient durement les épaules des étourneaux qui pillaient le raisin ^

Dans la saison d été et en automne les registres des justices parisiennes nous montrent partout de semblables méfaits. Celui de Saint-Germain-des-Prés ^ nous fait connaître, le 24 août 146 1, que Jean Gaultier, écolier demeurant au collège de Versoris et plusieurs autres, ses complices, armés de frondes et de pierres, s'étaient alors logés dans ces précieuses vignes du Clos aux Bourgeois, non loin de la porte Saint-Michel. Ils cueillaient et mangeaient les raisins dans le champ que M*^ Guillaume de Villon y possédait. Les massiers et autres officiers de l'abbaye avaient bien tenté de les arrêter tous : mais les écoliers se re-

Page 1