Sauvai, Chronique scandaleuse de Paris, p. 56 et s
4. Sous Charles V Regnault d'Acy tenta de leur faire abandonner cette rue ; les filles produisirent les lettres de saint Louis, scellées de lacs de soie et de cire verte, les maintenant en ce lieu (Sauvai, op. cit., p. 70).
5. Maison que sous-louait en 1412 une lombarde, Jeanne Moissclette (Bibl. Nat., Clair., 763, 19 décembre).
6. « Ou demouroient plusieurs galloises », dit Guillebert de Metz (^Paris et ses historiens, p. 212).
7. Pétitions contre les filles de mauvaise vie de la rue Sacalye et arrêt contre elles (Arch. Nat., X" 48, 14 juin 1484).
8. 17 mars 1375 (n. St.). Livre vert ancien du Châtelet, fol. 135. Le cri du 30 juin 1395 ajoute la prison (Livre rouge vieil, fol. 105).
Les propriétaires n'étaient pas autorisés, ailleurs que dans ces rues, à leur louer des hôtels ou des chambres.
On peut croire qu'en fait ce strict règlement n'était pas tigoureusement appliqué. Ainsi, en 1420, on dut rendre à ce sujet une nouvelle ordonnance ; on y dit que les filles avaient envahi ce plusieurs rues bonnes et notables » de la ville, où quelques unes d'entre elles avaient acheté des maisons pour y faire taverne publique ; d'autres tenaient des échoppes sous le couvert d'une profession, recevaient des étrangers à toute heure du jour et de la nuit. On voyait des gens, « tant laboureurs que de métier », abandonner leur travail pour suivre ces sirènes et commettre avec elles le péché de la chair. Et dans le voisinage de leur demeure éclataient de fréquentes querelles \
Ces filles avaient porté jadis un manteau imposé, disait-on, à la suite de la mésaventure arrivée à la reine Marguerite de Provence qui, à l'église, avait donné le baiser de paix à une femme impudique ^. Mais au début du xv^ siècle, à Paris, il leur était enjoint de ne pas porter sur leur robe et leur chaperon des boutonnières d'argent ou dorées, des perles, des ceintures d'or ni d'argent, ni cottes hardies, manches de létisse, houppelandes fourrées de petit-gris, de menu vairon d'écureuil, ainsi que des boucles d'argent à leurs souliers \ Les grandes et honnêtes dames tenaient à conserver le privilège de ces pompeuses extravagances. Comment, sans tout cela, distinguer les femmes d'honneur des malhonnêtes ? Il ne paraît pas en effet que le simple maintien eût suffi. Car les moralistes ne se lassaient point de recommander aux dames sages d'avoir le regard timide, de se montrer «humbles et vergongneuses, non mie effrontées et esbaudies comme sont les folles femmes qui vont lecoul estandu comme un cerf en lande et regardant de travers comme cheval de pris » '*.
I. Livre noir du Châtelet, fol. 17. — 2. Sauvai, op. cit., p. 61.