Ordonnance du 6 mars 1420. n. st
4. Bibl. de la Préfecture de Police, Livre noir du Chàtelet, fol. 55 (17 avril 1427, n. st.).
à la famille Jouvenel des Ursins la petite ruelle de Glatigny où les filles de joie avaient leurs maisonnettes, et les héritiers du seigneur de Traynel s'efforçaient de les déloger du voisinage de leur hôtel ' ; le prévôt de Paris n'était plus favorable aux ribaudes"" : il avait décidé qu'elles iraient demeurer dans les bourdeaux désignés, comme au temps passé ; défense expresse leur avait été faite, en 1446, de porter des ceintures d'argent, des pannes de petit-gris, des robes de menu vair, et ces beaux collets renversés, l'orgueil des dames parisiennes.
Ce sont celles-ci que, goguenard, Villon ira contempler tandis qu'elles entendaient la messe, et qu'il a peintes d'un trait si
juste ' :
Regarde m'en deux, trois, assises Sur le bas du ply de leurs robes, En ces moustiers, en ces églises ; Tire toy près, et ne te hobes ; Tu trouveras la que Macrobes Oncques ne fist tels jugemens.
Entens ; quelque chose en desrobes :
Ce sont très beaulx enseignemens !
Désormais on confisqua soigneusement les ceintures des filles amoureuses, qui furent vendues au profit du roi^: c'est ce
1. « Petite ruelle et voye publique... au long de laquelle estoit, et est scituée et assisse, la maison de feu Jehan Jouvenel, chevalier, seigneur de Treynel, en son vivant nostre conseiller et président en nostre court de Parlement, et de l'autre costé avoit plusieurs petites maisonnettes ou se souloient tenir et demourer les filettes de joye... Et si a, au long des autres rues, lieux et maisons propres esquelles se tenoient le temps passé et se peuent de présent tenir lesdictes fillettes de joye sanz aucunement converser en icelle rue, laquelle est très nécessaire à nostre amé et féal conseiller et avocat de nostre court de Parlement, maistre Jacques Jouvenel, fils dudit feu seigneur de Traynel, pour accroistre et augmenter la maison dudit feu seigneur... » (Bibl. Nat., P. orig., 1593, dossier Jouvenel «ti. a. 1437).