‹ François VillonChapitre 79 sur 262 · Guillebert de Metz, dans Paris et ses historiens, p · texte numérisé non relu

Guillebert de Metz, dans Paris et ses historiens, p

8. On lit dans la Moralité nouvelle des enfans de maintenant qui sont des escaliers de Jahien (Viollet le Duc, Ancien Théâtre Français, lll, p. 36) :

Comme servante un bon point — Vous scavez, bien ne tardez point — Que elle ne soit enlevée...

Cf. l'équivoque ballade du Parnasse satyrique, p. 115.

9. Moy qui suis simple ch.Tmberiere — Je souhaitte la maison nette — Parfois me jouer en derrière — En ma petite maisonnette.

(Les Souhaits de femmes dans Montaiglon, Anciennes poésies françaises, III, p. 149.) 10. Comme le jeu gaillart (Vieux Testament, IV, 33448) ou le jeu d'amours (Ibid., 40308).

Guillaume Bouchet, dans sa 28e Serée, a fait le conte du peintre jaloux qui peignit

Item, varletz et chamberieres De bons hostelz (riens ne me nu}t) Feront tartes, flaons et goyeres ', Et grant rallias ^ a mynuit :

Riens n'y font sept pintes ne huit >, Tant que gisent seigneur et dame.

Puis après, sans mener grand bruit.

Je leur ramentroy le jeu d'asne...

Item, et a filles de bien, Qui ont pères, mères, antes.

Par m'ame, je ne donne rien, Car j'ai tout donné aux servantes 4 !

Mais il nous faut maintenant trouver, là où elles s'étaient réfugiées, les pauvres fillettes amoureuses qui menaient train de riches bourgeoises au temps du feu roi Charles VI \ Certes, elles furent tristement chères au pauvre et spirituel écolier ; ce sont ces « filles mignotes »

Portant surcots et justes cotes ^,

par opposition aux dames honnêtes qui portaient de larges vêtements ' ; ces

... fillettes monstrant testins

Pour avoir plus largement d'ostes s.

un âne bâté sur le ventre de sa femme afin de connaître son amoureux lorsqu'il jouerait avec elle « ventre contre ventre ». Mais ici il paraît bien que le jeu de l'âne fait seulement allusion à la vigueur amoureuse de cet animal. L'âne, ce paillard, a dit La Fontaine.

1 . Tarte au fromage demeurée en honneur dans les pays flamands.

2. Régal. — 5. Locution revenant à dire : on ne se prive de rien.

5. Cf. ce que nous dit en 1461 Eloi d'Amerval dans sa Grant Deablerie, 1. III, ch. XVI : Comment les prodigues font gratis despeus aux estuves avecques les filles de joye :

Les autres vont aux estuves, — Ou se baigner en belles cuves : — La seront servis jour et nuit, — A leur soûlas et grant déduit — De Parrichon et de Marguet... — Les autres vont par ces clapiers, — Coquebilletz, bordeaux, corquailles, — Dont sont plus chaulx que belles quailles, — Raudissent par mons et par vaulx, — Sont rufiens, bouliers, niacquereaulx, — Mainent une vie gaillarde : — Chascun du gain de se paillarde — Se montre gentil conipaignon ; — Vont voir Poitiers et Avignon, — Bourges, Paris et Orlyéns...

7. Christine de Pisan, Les trois vertus, ap. Mademoiselle Laigle, p. 361.

Avec quelle grâce gentille et moqueuse, à la fin de son Testament, Villon leur criera merci : elles occupèrent son esprit et son corps jusqu'au dernier jour. Car ce furent vraiment des filles que la Grosse Margot dont Villon fut, un temps, l'amant de cœur, Marion l'Idole, consolatrice des Enfants Perdus, et la « Grant Jehanne » de Bretagne. Tristes sœurs du pauvre, de la déchéance et de la misère de l'écolier. Ici, toutefois, il n'y a pas lieu d'exagérer le cynisme du poète ; mais on ne saurait dissimuler la sincérité de l'amant de ces « femmes diffamées », puisqu'il a tenu à nous faire connaître les raisons de ses préférences momentanées ' :

Si aperçoy le grant dangier

Ouquel rhonime amoureux se boute...

Et qui me vouldroit laidangier^

De ce mot, en disant : « Escoute !

Se d'amer t'estrange et reboute

Le barat3 d'icelles nommées.

Tu fais une bien folle doubte 4,

Car ce sont femmes diffamées.

« S'ilz n'ayment fors que pour l'argent >, On ne les ayme que pour l'eure.

Rondement ayment toute gent, Et rient lors que bource pleure ^.

D'icelles si n'est qui ne queure' ; Mais en femmes d'onneur et nom Franc homme, se Dieu me sequeure, Se doit emploier; ailleurs, non. »

Je prens qu'aucun dye cecy, Si ne me contente il en rien.

1. T., h. 48-53. — 2. M'insulter, m'accabler. — 3. Les tromperies.

4. Si tu ne t'éloignes pas d'aimer et ne repousses pas les tromperies de celles que je viens de te nommer, tu cours un grand péril.

5. Car elles n'aiment que pour l'argent et on ne les aime que pour un moment.

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