‹ François VillonChapitre 80 sur 262 · Cf. Parnasse satyrique, p · texte numérisé non relu

Cf. Parnasse satyrique, p

Mes toute joaye m'est faillie — Sitost que in.i bource a les fièvres !

7^ Le vers est difficile. Marot a corrigé arbitrairement : De celles ci on en recœuvre. — Le sens probable est : celles-ci, tous les hommes courent après.

En effect, il conclut ainsy, Et je le cuide entendre bien, Qu'on doit amer en lieu de bien.

Assavoir mon ' se ces filletes Qu'en paroiles toute jour tien Ne furent ilz ^ femmes honnestes ?

Honnestes furent vraiement,

Sans avoir reproches ne blasmes.

Si est vray qu'au commencement

Une chascune de ces femmes

Lors prindrent, ains qu'eussent diffames,

L'une ung clerc, ung lay, l'autre ung moine,

Pour estraindre d'amours les flammes

Plus chauldes que feu Saint Antoine.

Or firent selon le Décret 3 Leurs amys, et bien y appert :

Hz amoient en lieu secret, Car autre d'eulx n'y avoit part.

Toutesfois, ceste amour se part 4 :

Car celle qui n'en amoit qu'un D'iceluy s'eslongne et despart.

Et aime mieulx amer chascun >.

Qui les meut a ce ? J'ymagine,

Sans l'onneur des dames blasmer,

Que c'est nature femenine

Qui tout vivement veult amer.

Autre chose n'y sçay rimer.

Fors qu'on dit a Rains et a Troies,

Voire a l'Isle et a Saint Omer,

Que six ouvriers font plus que trois ^.

Et si vous n'êtes pas satisfait de cette explication naturaliste, Villon vous dira qu'il a beaucoup souffert de l'amour des

I. C'est assavoir. — 2. Elles. — 3. Voir ce qui a été dit au ch. IIL — 4. Se partage.

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