‹ François VillonChapitre 85 sur 262 · Arch. Nat., JJ. 195, p · texte numérisé non relu

Arch. Nat., JJ. 195, p

le soutient sous les bras. Mais Toussaint veut retrouver à toute force Noël pour le mener à la justice : il va le chercher à la porte du jeu de paume, appelé la Plastrière, près des Trois Canettes : Noël frappe alors Toussaint à la tête avec un gros bâton, abat son chapeau. L'autre le poursuit dans une ruelle appelée la « rue de la dame du Traynel ». Et Noël de frapper de nouveau Toussaint qui, cette fois, tire une épée; l'autre répond à coups de dague. Mais Toussaint lui allonge alors un coup d'épée sur la tête, en sorte que, trois semaines après, Noël Mercier, dit le Sourt, mourut pour avoir désiré la chandelle de Thomassine et le romarin qu'elle portait une nuit de décembre à son corsage, tandis que le jeune Toussaint Bouton descendait de chez la Grosse Margot.

Reconnaissons aussi que le nom de la Grosse Margot devait être assez commun chez les filles ; que de bonne heure il devint synonyme de ribaude '.En 147 1 une fille de ce nom demeurait dans la rue Michel-le-Comte. Cette Grosse Margot, et celle du cloître Notre-Dame, pouvaient avoir pour rivale ou concurrente une autre fille, la Grosse Catault. Grosse Margot, Grosse Catault, c'est tout comme.

Voici une aventure qui peut encore nous faire connaître l'existence de l'une ou de l'autre \

Le 17 novembre 1471, un soir. Colin Piéfort ' et Simon de

1 . <i Et fusse Margot ou ribaulde » (Farce de Jenin, fils de rien, dans Viollet le Duc, Ane. Théâtre français, I, p. 363). — On lit dans les comptes de la ville d'Amiens (Arch. com., CC, fol. 62),: « A une nommée le Grande Margot, qui souvent repaire à l'ostel de moudit segneur le duc de Bourgongne, payé la somme de xx s., que mesdiz segneurs lui ont donné pour avoir i chapperon, comme par mandement du VI<^ jour dudit mois de janvier appert » (1449).

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