‹ François VillonChapitre 88 sur 262 · Journal d'un bourgeois de Paris, p. 49. Cf. T., v · texte numérisé non relu

Journal d'un bourgeois de Paris, p. 49. Cf. T., v

CLERCS ET ÉCOLIERS Il5

plissaient fébrilement des longues et vides formules de la procédure de ce temps.

Puis la nuit se faisait encore plus complète. Une lanterne, accrochée devant l'image de la Vierge Marie, du côté de l'entrée de la porte du Châtelet, formait presque tout l'éclairage permanent d'alors ' ; dans les périodes de troubles seulement on plaçait des lanternes en bordure des rues, et de l'eau devant les portes pour éteindre les incendies \

Les rues, fort étroites et gluantes, se remplissent d'ombre ; les tavernes, où l'on a continué de jouer malgré les ordonnances, rejettent dans la nuit les avinés. On entend l'oublieur, qui porte dans un petit couffin les pâtisseries légères et les gaufres que l'on jouait à la taverne, pousser son cri : Oublie, oublie!

C'était l'heure douteuse où rôdaient dans Paris les gens suspects, les amoureux, les voleurs, ceux qui couchaient dans les bateaux à foin % les pauvres aussi qui n'avaient pas trouvé un lit à l'hôpital et allaient dormir à l'abri de l'auvent des maisons, sous ces tables où l'on étalait les marchandises *. Villon les connaît bien ; mais, sans charité, il leur léguera un coup de poing sur l'œil et des habits en loques * :

Et aux gisans soubz les eslaux, Chascun sur l'oeil une grongniee ^, Trembler a chiere renfrongniee, Megres, velus et morfondus.

Chausses courtes, robe rongniee, Gelez, murdris et enfondus.

C'était le moment attendu par les mauvais écoliers pour quitter leur collège. On entend des colloques dans l'ombre. Des

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