‹ François VillonChapitre 89 sur 262 · A Franklin, op. cit., ad. v. Lauternier · texte numérisé non relu

A Franklin, op. cit., ad. v. Lauternier

2. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 3, 6, 107, ad. a. 1405, 1409, 1419.

3. BibL de la Préfecture de Police, Coll. Lamoignon, vol. III, p. 201.

4. Godefroy, Supp. ad. v. estai : « Et jut ilecques sur les estaus qui sont en la voie commune et estoit en esté » (Miracle de S. Louis). Cf. Du Breul, op. cit., p. 994 : « Je trouve que es années 1360, 1361, 1362, à cause des guerres qui estoient en France, le peuple fut réduit en grant nécessité et pauvreté : si que grand nombre d'enfants, orphelins de père et mère, gisans en rues sans aucune retraicte... »

5. L., V. 235-240. — 6. Cf. Godefroy, ad. v. Groignet, Gronger.

Il6 FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS

gens refusent de se saluer. On frappe aux portes. On tire des sonnettes. On décroche des enseignes qui s'effondrent avec fracas. Les passants devraient circuler avec une lanterne de fil d'archal à paroi de corne ; mais ils portent plutôt quelque bâton, une dague, un vouge, une épée, en dépit des ordonnances qui les tolèrent seulement aux nobles, aux officiers et aux gens d'armes du roi '. On s'interpelle, une pierre à la main ou le poing sur la dague qu'il est si facile de dissimuler sous une robe. On rencontre des filles et des chanteurs nocturnes.

Un soir, par exemple, M^ Jean Mansignon, clerc, demeurant rue des Noyers, se mettait à sa fenêtre pour écouter la chanson que le marchand d'oubliés venait crier à sa porte. Mais le chanteur n'était qu'un jeune garçon, simulant l'oublieur. Au cri du marchand d'oubliés il ajoutait de telles paroles : « Un franc compaignon ay trouvé : Maistre Jehan Mansignon et Marguerite sa garce se font appeler ! » Le clerc insulté crie : « Gare l'eau ! » et jette sur les indiscrets chanteurs le pot à uriner. Angot, son compagnon, passe ses chausses et dit à Mansignon qu'il faut descendre voir quel est le jeune garçon qui a chanté l'injurieuse chanson. Ils vont en jaquette et bonnet de nuit, un bâton ferré à la main. On se poursuit et l'on se rencontre au coin de la rue du Clos-Bruneau. Un prêtre, parmi les compagnons du chanteur, frappe Angot sur la tête avec son braquemart ; Mansignon abat le prêtre Guyard d'un coup de bûche sur la tête".

Sont-ce des clercs, des écoliers en rupture de collège, des vagabonds, ceux-là qui ont pris l'habitude de rompre nuitamment les huis ? Mais ce qui est certain, c'est qu'ils pullulent ces étudiants ribleurs, et qu'à la suite des désordres de l'Université la Cour, d'accord avec Yalma, entend les tenir tous pour des vagabonds' : « Par quoy, selon la déclaration de ladicte court,

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