‹ François-Xavier Garneau [microforme]Chapitre 3 sur 16 · XVI FRANÇGOI&-XAVIER GARNEAU · texte numérisé non relu

XVI FRANÇGOI&-XAVIER GARNEAU

Mais pourquoi de mon cœur augmenter la tristesse ? De ces illusions, noirs enfants dela nuit,

Chassons l'ombre qui me poursuit ; Lyre, répète encor tes accents d’allégresse !..

Et dérobe mon âme à l'ennui,

Oui, je verrai ces champs où rêvait ma bergèra; Du limpide ruisseau j'écouterai la voix ; Et sous le pin touffu qui vit naître mon père

Je chanterai mes refrains d'autrefois,

Aux premiers rayons de l’aurore Qui brilleront à l’orient,

Je poursuivrai de l'œil encore L’astre des nuits dans l’occident.

L’airain sonore au clocher du village,

. En répondant à l’hymne du matin, Réveillera par son divin langage Ces sentiments qui charmaiont tant mon sein

Et sous l’ormeau voisin du toit champêtro, Aux pas légers qu'accorderont mes chants Je mélerai les récits que fait naître

Le dieu jaloux du bonheur des amants.

De la rive où le flot expire J’évouterai le vieux pêcheur.

Sa voix que le silence inspire

A des airs qui charment le cœur.

Mes doigts harmonieux animeront ma lyre,

Dont les cordes souvent chanteront nos exploits,

Et quand l’âge viencra refroidir mon délire, Assis à l'ombre d’un bois,

Mes chants plus doux plairont au folâtre #éphire.

N'y a-t-il pas quelque chose de bien touchant dans ces premiers chants consacrés à la douleur filiale? Et ne voiton pas aussi dans ces deux vers comme un pressentiment de l’œuvre importante que le jeune poète allait entreprendre dix ans plus tard : wr FA

“Mes doigts harmonieux animeront ma lyro, : : Dont les cordes souvent chanteront nos exploits.”

SA VIE ET SES ŒUVRES. ‘ xvii

M. Garneau envoyait cette pièce à M. Winter, aujourd’hui juge en retraite de la cour supérieure, dans une lettre en date du 29 décembre 1832, et s’exousait de n’avoir pas répondu plus promptement à la sienne du 25 juillet: ‘ J'attendais, dit-il, que tout fût terminé pour t’envoyer cette élégie.”” Il connaissait donc alors la mort de son père, malgré la forme dubitative qu’il a cru devoir donner à ce petit poème,

Dans une autre lettre qu’il adressait à cet ami, le 11 avril 1832, il disait ;

“ Je vois, par les papiers, que tu as perdu ton patron, M. Romain. La mort fauche partout. Je vais trouver beaucoup de changement à mon arrivée à Québec. Jp n'ai appris que des nouvelles bien tristes depuis que j’en suis parti. Notre ami Faucher* a aussi subi ce que nous devons tous subir tôt ou tard.” \

Toute sa correspondance prouve combien il avait su apprécier la situation qui lui était faite par l’agent de notre assemblée législative.

Dans une première lettre à M. Winter, en date du 1er septembre 1831, il s'exprime ainsi:

‘Je pensais m'en retourner dans le Stratisla ; mais M. Viger me retient. Nous travaillons, M. Viger et moi, depuis trois semaines, comme des enthousiastes de la patrie. Je pense passer l'hiver à Londres. Il y a trois semaines que je suis de retour de Paris, où j’ai passé une dizaine de jours. Je m'y suis bien amusé. J'ai vu presque tout ce qu'il y a de pius intétessant à voir...

‘ Au théâtre de la porte Saint-Martin, j’ai vu représenter un drame intitulé ‘ Napoléon,” L'acteur qui représentait le héros se trouve ressembler, dit-on, beaucoup à Napoléon.... Ce pas pressé, cette voix brève, ces mots laconiques, cette prise de tabac souvent répétée, ce petit chapeau, cette redingote grise... j'ai presque vu le héros lui-même.

“Je me suis horriblement ennuyé les premiers jours de

* M. Honoré Faucher, avocat, jeune homme de grandes espérances, et oncle de l’auteur de Tribord à bébord,

xviii FRANÇOIS-XAVIER GARNEAU,

ma résidence à Londres ; mais je commence À m'y faire. Londres est sombre ; tout le monde y paraît accablé sous les affaires ou la misère. Mais cependant Londres est la plus riche et la plus commerçante des villes de l’Europe. M. Viger m'a déjà présenté à deux ou trois de ses amis et parle de m'en faire connaître quelques autres, de sorte que je jouirai un peu de leur société en attendant que je revoie notre grand Canada. La nature est sublime chez nous ; mais elle a avorté dans le peu que j'ai vu de l'Europe. Avant de plier ma lettre il faut que je te raconte un trait. Etant à Paris, je fus un jour à l’hôtel des Invalides. Un ancien hussard de Wagram vint à moi et me demanda si je voulais voir l’intérieur de l’hôtel. En y allant il s’arrêta subitement, et se retournant vers moi, il me dit avec emphase: ‘N’est-on pas, monsieur, glorieux d’être soldat français?” Ce bon brave me fit voir tout l'édifice, la bibliothèque, l’église, etc.”

Le travail auquel le jeune secrétaire se livrait avec M. Viger, c'était surtout la grande affaire des plaintes portées par l’assemblée législative contre le procureur général James Stuart. Il en parle dans toutes ses lettres.

Dans celle du 11 avril 1832, on lit ce qui suit: ‘‘ Depuis ce moment nous avons été engagés dans un travai, vraiment opiniâtre. M. Viger, dans ses observations sur les pétitions, mémoires, etc., etc., de M. Stuart, a voulu entrer dans tous les détails, et à l’occasion, faire allusion à la manière dont le gouvernement du Canada a été administré, pour faire sentir aux ministres tous les moyens iniques qu’on a employés chez nous; la conduite de M. Stuart, qu’il a su, d’après les rapports du comité, mettre sous le jour le plus clair, doit nous faire espérer le triomphe de la justice.” ù

La partie était difficile. James Stuart — depuis sir James — n’était pas un adversaire ordinaire. Les mémoires de part et d'autre étaient volumineux, et le procureur générai avait pour lui les sympathies bien naturelles du gouvernement anglais. Lord Goderich, le ministre des colonies, très prévenu d’abord contre les accusateurs, avait été cependant frappé de l’accent de franchise de M. Viger,

BA VIE ÊT SES ŒUVRES. xix

et avait apporté à cette cause difficile la plus scrupuleuse attention. Si le combat fut long et périlleux, la victoire fut éclatante. Des contemporains m'ont assuré que les amis de M. Viger au Canada désespérèrent du succès. Ce qui faisait l’importance de ce’!e lutte, ce n’était point tont l’animosité personnelle contre M. Stuart que le désir de frapper un grand coup contre le système arbitraire que cet homme à la fois habile, savant et audacieux, avait su si longtemps couvrir du voile d’une légalité artificieuse.

Dans sa lettre du 29 décembre, déjà citée, M. Garneau angonçait à son ami, en même temps que le résultat des élections, le succès de M. Viger. Catto petite page d’histoire, écrite sur le fait, mérite d’être conservée. Ce qu’il dit des whigs, qui en général se sont montrés moins favorables aux libertés populaires dans les colonies que les tories, est très remarquable.

“Je pense retourner au Canada le printemps prochain. Je m'ennuie dans la sombre Angleterre.

‘ Les élections, qui ont absorbé pendant quelque temps l'attention pubiique, sont terminées ou près de l'être en faveur du ministère. * Aussi les tories sont tombés pour jamais. Le ‘bill de réforme a renversé une puissance qui a régné pendant plusieurs siècles. Si les hommes n'étaient pas guidés par l'intérêt, si la justice était leur sentier, nous pourrions espérer de grands avantages de ces changements; mais ceux qui aiment le plus la justice pour eux-mêmes, sont souvent les plus tyranniques pour autrui. Je crains que ce caractère ne soit celui des hommes qui nous gouverneront sous ce nouveau ministère. Le même bras d’airain a toujours pesé sur les colonies anciennes ou modernes.

“J'ai su que les affaires ont en Canada une apparence assez sombre. On dit aussi que les députés canadiens

*I1s’agit du second ministère de lord Grey, qui, après une défaite et une tentative infructueuse du duc de Wellington de former un gouvernement tory, avait repris le pouvoir. On trouvera dans le second volume du Journal de Greville, des rénseignements très curieux sur les intrigues qui firent échouer le duc et sur le rôle que jouèrent lord Lyndburst, sir Robert Peel et Manners Sutton dans cette affaire,

*x FRANÇOIS-XAVIER GARNEAU,

ont refusé d'aller aux dîners du gouverneur, Cette absence doit lui faire sentir que le sang canadien est précieux et qu'ou ne le répand pas impunément ...…. dti eendéde

‘La domination étrangère est le plus grand mal dont un peuple puisse être frappé. * Plusieurs de nos griefs ressemblent à ceux dont les braves et malheureux Polonais avaient à se plaindre. Mais courage | La cause de la justice et de la liberté est trop sainte pour ne pas triompher ; si ce triomphe est lént et pénible, il n’en sera que plus certain et plus durable, L'Angleterre elle-même a gémi des siècles sous lé joug étranger, Qu’on oublie vite son malheur et.sa misère |! La justice qu’elle invoqua si longtemps, elle l’oublie aujourd’hui pour nous.

‘“ Les Français sont maîtres de la citadelle d'Anvers. La garnison est, prisonnière de guerre. Les Hollandais, au nombre de deux mille, protégés par environ deux cents canons d’un fort et de leurs vaisseaux, ont voulu débarquer pour chasser les Français d’un poste qu’ils occupaient; mais environ huit cents de ceux-ci les ont repoussés glorieusement à la baïonnette. Plusieurs Hollandais se sont noyés en voulant regagner leurs embarcations,

“Tu sauras sans doute que la suspension de M. Stuart a été confirmée par le roi. C’est une victoire qui a été bien disputée ; on l’a arrachée des mains d’un parti qui ne deviendra que plus furieux par une défaite sans exemple dans l’histoire coloniale... ie Mais nos armes, la liberté. ot la justice, seront invincibles. Marchons toujours en avant, nous vaincrons nos ennemis; nous les disperserons dans la carrière.”

.]1 y a dans cette lettre un peu de ce qu’on appellerait aujourd’hui du chauvinisme ; les phrases à l’adresse de lord Aylmer ne sont pas justes ; mais il faut se reporter à l'époque et songer combien la lutte entre les patriotes et

* l'oligarehie-exaspérait les esprits, surtout à la suite de cette sanglante bagarre du 21 mai,f dont la politique du jour” tira tout le parti possible. Du reste tout semblait

T4 On retrouve cette phrase dans l'Histoire du Canada, + Les. trois victimes se nommaient Billette, Languedocet Chauvin /

SA VIR ET #ks ŒUVRES. xxi

contribuer à exalter l'imagination du jeune Garneau. La révolution française de 1830, celle de la Belgique, les succès qu'avaient, à Londres, O'Connell plaidant de sa voix éloquente la cause de l'Irlande, et les exilés polonais avec lesquels notre compatriote s’était lié d’umitié, formaient autant d'aliments propres à surexciter son patriotisme. fl ne pouvait s'empêcher de comparer les Canadiens aux Irlandais et aux Polonais, bien que notre sort fût difiérent de. celui que subissaient ces deux nations. Nous avions plutôt à nous débarrasser des langes et des bandelettes de l’enfance coloniale, serrés étroitement autour de nous par une bureaucratie avide et jalouse, qu'à briser des fers comme ceux qui (taient rivés aux membres en: sanglantés de la Pologns, aux mains décharnées et suppliantes de l'Irlande.

Un jour, M. Garneau vit O’Connell à une séance de la Société des Amis de la Pologne. 1'Irlande et la Pologne se trouvèrent à fraterniser, dans un milieu où il semble que la Russie aurait pu donner une triomphante réplique aux reproches que les philanthropes anglais lui adressaient. 11 lui aurait sufli de montrer O’Connell à côté de Czartoryski.

La réception qui fut faite au grand tribun irlandais frappa vivement notre jeune corapatriote,

* C’est là, dit-il, que j’eus l’occasion de voir jusqu’à quel degré le vrai talent est respecté en Europe. Il y avait une reunion d’une quartitaine de personnes. C’étaient le prince Czartoryski, le général Pac, le célèbre poète Ursin Nierncewicz, exilés, des membres de la chambre des lords et de la chambre des communes, des hommes de lettres. O’Connell est atinoncé. Lorsqu'il fut introduit, tout le monde se leva spontanément, pour rendre hommage au grand orateur, hommage qu’on ne rendit qu’à lui seul,” do extra

Les séances de Ja Société littéraire des Amis de la Pologne ce tenaient chez le poète Campbell, qui en était le président, et qui ouéupait alors un appartement dans un édifics autrefois Bubité par Cromwell. * C'était sur {a propo-. ee . ! PRET +: Sussex Cbnmburs; Duke atrééti St Jaiies, "7

XXII FRANCÇOÏS-XAVIEK GARNEAU,

sition de Campbell que M. Garneau était devenu membre de cette société composée d'hommes d'élite.

Le 7 septembre, anniversaire de la prise de Varsovie, les Polonais firent célébrer une messe pour le repos des âmes de leurs frères tombés dans cette fatale journée. Après le service, il y eut un déjeuner chez le président. Le Dr Schirma y porta la parole en anglais et en polonais, et cita de beaux vers de Campbell lui-même sur la malheureuse Pologne. Puis notre compatriote eut l'honneur de lire une pièce qu’on l’avait prié de composer pour la circonstance.

Quoique inférieure, malheureusement, à la plupart de ses autres productions, cette ode renferme quelques belles strophes. *

“On nous disait : Son règne recommence, La Liberté partout renverse les tyrans, Comme l'éclair on voit briller sa lance, Qui dans leurs chars poursuit les monarques errens. Le guerrier de Nassau, sur son coursier fidèle, Pour la patrie a ressaisi son dard; Et déjà le clairon résonne en la tourelle Où sommeillaient les satrapes du czar.

CLLLLELL CCLLLLENIILILELLL TE soso coosesssocuose CELLILLI LL]

O Liberté! ne serais-tu qu’un songe, Et par toi notre espoir se verrait-il trompé ? Seuls les tyrans règnent par le mensonge, Monstre dans une nuit toujours enveloppé.

Mais non; de l'Eternel tu partages l'essence... Je vois aux cieux briller son trône d’or.

Peuples, écoutez tous; vous rois, faites silence. J'entends sa voix vers nous descendre encor,

Il règne encor ce nom qui dans Byzance d , Fit trembler autrefois l’orgueilleux musulman ; 11 règne encore; et, comme un flot immense, Il refoule au désert les peuples du Balkan.

En vain les rois ont dit: que périsse sa gloire Que de la terre on l’efface à jamais!

La Pologne déjà, volant à la victoire, À ses tyrans fait payer leurs forfaits,

CELLTELELEZ III IEEE) 000000 000000000000 Sooosesse CELLLI LL]

# On ne la trouve point dans le Répertoire national ; mais elle a été publiée dans la Polonia, revue mensuelle qui simprimait à Londres.

gA VIE ET SES ŒUVRES. xxiii

L'association polonaise n’est pas la seule où M. Garneau fut accueilli à Londres. Il avait fréquenté un de ces debating clubs où de jeunes avocats et de jeunes hommes de lettres s’exercent à l’art de la parole. Il avait été aussi admis dans plusieurs salons littéraires, entre autres dans ceux de madame McGregor et de madame Gore.

“Je trouvais, dit-il, la société la plus délicieuse dans les hommes de lettres, ou les hommes qui, comme le colonel Home, avaient vu beaucoup de choses, et j’étais heureux de les entendre et d’être témoin des égards dont ils me paraissaient entourés. Cette espèce de culte venant de toutes les classes, surtout des classes les plus élevées, semblait élever à son tour le domaine de l'esprit, et marquer la place qu’occupent les hautes intelligences dans une grande nation.

“Je voyais dans ces éebilèn littéraires et scientifiques les hommes des rangs les plus divers, se réunir comme des frères pour scruter les secrets de la nature ou apprécier les œuvres du génie. Une noble ambition étouffait les efforts de la jalousie, que l'opinion publique, du reste, savait bientôt désarmer par sa toute-puissance, lorsque cette jalousie se manifestait avec trop peu de réserve. Il me semblait que chaque nation en Europe, craignant d’être dépassée par une autre dans les armes, dans les lettres, dans les arts, dans les sciences, n’avait pas assez de paroles d'encouragement pour ceux qui marchaïent les premiers dans toutes ces carrières de la gloire et du génie.”

Poadant que se discutait la grande affaire du procureur général Stuart, M. Viger s'était donné un congé qu'il était allé passer à Paris, au grand plaisir de M. Garneau, qui l’accompagna. Celui-ci avoue ne pas avoir été tout à fait étranger à la résolution qu'avait prise notre agent. La capitale de la France, si gaie et si brillante, ses environs si charmants et si remplis de grands souvenirs historiques, formaient une agréable diversion aux rives brumeuses de la Tamise. Il est même permis de croire que le jeune sevrétaire, si grave et si laborieux qu’il fût, préférait les boulevards et les théâtres français aux interminables mémoires de M. Stuart ou de M. Viger.

Xxiv FRANÇOIBXAVIER GAHNBAU,

M. McGfegor, l’auteur d’un excellent ouvrage sur le Canada, publié à Londres à cétte époque; et à la seconde édition duquel M Viger avait contribné en fournissant des notes-et. des corrections, M. MeGregor était de la partie. Ile trouvèrent à Paris M; Berthelot, qui a été si longtemps membre du parlement, et M. Isidore Bédard, que M. Garneau avait vu souvent à Londres.

M. Isidore Lebrun, auteur. du premier ouvrage qui it été publié à Paris sur le Canada depuis la cession du pays, et M. Paulin Guérin, qui avait eu pout'élève notre artiste distingué M. Antoine Plamondon;, étaient encore pour le jeune secrétaire. ss connaissances. aussi utiles qu BEF bles.

Peu de temps après le: robe de M. Viger à Londres (la grande affaire de M. Stuart était décidée, comme nous l'avons vu), M. Garr eau recevait de sa mère, dont la santé déclinait rapidement, des invitations très pressantes. La pauvre femme, depuis la mort de son mari, n'avait plus qu’une préoccupation, revoir son fils avant de mourir.

‘M, Morin, dit M. Garneau, arrivait, il est vrai, avec de nouvelles représentations sur d’autres questions de politique coloniale; mais comme la solution pouvait s’en faire / attendre longtemps, puisque celle de l'affaire de M. Stuart avait mis deux ans à: venir, je résolus de retourner à Québec au printemps”: ;

‘Au commencement de. hiver, ajoute-t-it, nous vimes arriver plusieurs de nos compatriotes. C’étaient pour la plupart des marchänds. Il suffisait que M. Viger fût au London. Coffee House, pour qu'ils s'y-donnassent rendez-vous. Nous nous trouvâmes là pendant quélque temps huit où dix Cânadiens à la fois, sans mentionner le délégué du : Haut -Canada, M. McKenzie: En nous comptant, nots ” croyions compter les progrès que faisait notre paÿs. Nous étions fiers. d’être en aussi grand nombre däns-un seul hôtel anglais, et nous partions de là pour fairé des calculs sur l’avenir.que la fortuneréservait an-Canada et que nous basions sur sa vaste étéenduéet sur sa grande nature.”

Ainsi à cette: époque déjà: assez éloignée, il se publait ‘ en Angleterre et en France des livres sur notre pays "et les *

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