j nstane d'un genre tout
particulier. Elle a le charme de ces
- jiunesss r de r
indécis resse ux des
ta Mol ne :• nd sur
e lient non seulement au caractère et :eur. n - -e à
■ 1 1 ie i
nia ut -être, un peu n II cou
.on pas san< une douleur sev -
qui lui ». Ne pai
n ii ïh usait à Ui
mail pas n con <amsante.
v pren
d*ji> le» ar . c«i eutxuv inidj
CCXXVÎil FRANÇOlS-XAVtER GARNEAU,
les descriptions qu'il donne des villes, des monuments, des paysages sont doublement intéressantes et par elles-mêmes et par la nouveauté du fait; elles sont complètement exemptes de banalité, et l'on voit que tout cela avait été longtemps l'objet des rêves et des désirs du jeune voyageur, que les scènes qu'il décrit sont restées gravées dans sa mémoire après y avoir fait une forte impression, enfin, qu'il les y retrouve avec bonheur après bien des années.
Si la France est pour lui l'objet d'un enthousiasme tout naturel, il ne se montre pas non plus injuste envers. cette fière Albion à laquelle il avait voué toute autre chose qu'un culte d'amour.
Certains passages sur la constitution politique de la Grande-Bretagne, sur son état social, méritent d'être reproduits.
" Après avoir étudié quelque temps, dit-il, la physionomie physique de Londres, ses vues, ses monuments, son commerce, je me mis à considérer la population et l'organisation sociale de cette grande nation. Une chose me frappait sans cesse, c'était l'alliance de la liberté et du privilège, du républicanisme et de la royauté. Je cherchais à comparer cette organisation avec l'organisation américaine, c'est-à-dire avec celle des États-Unis, car l'organisation coloniale est une chose exceptionnelle, dont la durée est, pour ainsi dire, fixée d'avance et dont le terme avance avec le chifïre de la population. Prenant les choses pour ce qu'elles étaient dans le moment, je finis par me convaincre que les deux pays avaient fondé leurs constitutions sur des faits réels et non sur des théories imaginaires et que de là provenait la stabilité de l'une et de l'autre,
" Je voyais devant moi une royauté, une aristocratie et une plèbe dont les fortes racines remontaient à l'origine de la nation. L'aristocratie était puissante et considérée, le peuple nombreux et soumis, le roi regardé comme essentiel au maintien des boulevards qui servent de protection à ces deux grandes et seules divisions de la nation.
" L'aristocratie, par ses souvenirs historiques et ses richesses, exerce un empire immense sur les idées, ou
SA VIE Etf SES ŒUVRES. CCXX1X
plutôt elle se considère et elle est presque considérée par le peuple comme une puissance qui ne pourrait être renversée que par le renversement de la nation elle-même. Elle est d'ailleurs si sage et si éclairée qu'elle ne s'expose jamais inutilement. Elle connaît la fragilité des choses humaines, elle sait que tout passe avec le temps. Elle ne s'oppose donc point aux progrès des choses et des idées. Elle s'étudie seulement à y prendre part de manière à faire rejaillir sur elle-même la plus grande partie de l'illustration personnelle qui en résulte; elle vote, dans la législature, pour les améliorations en toute chose, et ouvre ses rangs avec habileté au guerrier, au savant, au marchand heureux qui se distinguent, connaissant l'influence profonde qu'exercent sur les masses la bravoure, le génie et l'éclat moins noble, si l'on veut, mais non moins réel de l'or. Elle renouvelle par là sa force et son prestige. Enfin, en consentant à discuter dans le parlement toutes les questions qu'on y traite avec les mandataires du peuple, et en se soumettant comme lui lorsqu'elles ont été adoptées par les deux parties et sanctionnées par l'arbitre suprême, le roi, elle ne semble plus qu'exercer un droit naturel. On oublie que c'est une petite classe d'hommes qui a le privilège de balancer la volonté générale, et que c'est le peuple lui-même qui entretient à la sueur de son front la source des richesses colossales qui la rendent si fière et si brillante dans ses domaines.
" Sa soumission aux décrets du parlement et son respect pour la liberté de la parole sur la place publique, où souvent elle fait entendre la sienne au milieu des tribuns du peuple, font oublier et son orgueil et son exclusivisme au foyer domestique de ses châteaux. Hors de la tribune, il n'y a plus, en effet, d'alliance et de communication entre la noblesse et la roture. Le rempart du moyen âge semble encore subsister dans toute sa force pour diviser les deux classes; mais le sens calculateur du peuple anglais ferme les yeux sur cette faiblesse humaine.
" Voilà les réflexions que je faisais quand je passais du parlement à la place publique, de la place publique aux riches quartiers de la noblesse, et des riches quartiers de
C<'XXX t' RA.NÇOIS- XAVIER tiÀRNÊÀÙ,
la noblesse aux quartiers plus sombres qu'habite le peuple dans la métropole de l'Angleterre."
Voici comment M. Garneau rend compte, plus loin, de la sensation produite à Londres par les débats sur le bill de réforme.
" Les communes adoptèrent le bill à une assez grande majorité, mais, malgré l'éloquence des partisans de la mesure et les démonstrations du peuple dans toutes les parties du royaume, la chambre des lords, croyant ou feignant de croire l'aristocratie plus menacée qu'elle »e l'était réellement, le rejeta en dépit des efforts du ministère et de lord Brougham, qui fit un discours de six à sept heures, en la priant, on his bended hieês, comme il s'exprima, de ne pas rejeter une réforme demandée par toute la nation.
" La sensation fut immense. Tout à coup les rues, surtout celles qui traversent les quartiers de la noblesse et avoisinent le parlement, furent inondées d'une populace qui faisait frémir à voir, et que je n'ai vue ni avant ni après cette crise dans la capitale de l'Angleterre. Des centaines de mille hommes pâles, sales, en haillons, se promenaient silencieusement en foule pressée, dans un espace de plusieurs milles, et regardaient avec des yeux étonnés les riches dépôts d'orfèvrerie, resplendissants d'argent, d'or et de pierres précieuses, ou les vastes comptoirs remplis de magnifiques étoffes apportées de toutes les parties du monde pour satisfaire le luxe des riches.
" Plusieurs milliers d'hommes de police, armés de sabres et formés en pelotons, circulaient au milieu de cette plèbe errante. Toutes les troupes de Londres étaient sous les armes. Les cuirassiers, les gardes du corps, les dragons, les lanciers se tenaient près de leurs chevaux tout sellés; l'infanterie avait ses armes en faisceaux dans les parcs; l'artillerie préparait ses canons. Londres fut pendant plusieurs jours menacée d'une insurrection; mais la paix ne fut pas troublée. Les chefs du peuple, les journaux assuraient à la multitude que la mesure serait reprise, et que la chambre des lords serait forcée par l'opinion publique d'y donner son consentement.
" Cette démonstration avait été faite probablement à