ACTE II, SCENE V
GUIDO
Le cruel ennemi qui te ravit un frère.
Près de lui je respire un air empoisonné.
GUIDO
Françoise, le Seig»eur n'a-t-il pas pardonné?
ce Failes grâce, dit-il, afin qu'on vous pardonne. «
Suivons Texemple saint que le Seigneur nous donne.
FRAINÇOISE.
Mais ne me quittez pas , mes jours seront plus doux, Passés entre l'amour d'un père et d'un époux.
* Je pensais qu'au bonheur mon ame était fermée ,
* J'en avais peur : à tort je m'étais alarmée.
* Je le sens près de vous... je mettrai mes plaisirs
* A soulager vos maux, à charmer vos loisirs
Paolo dans ces lieux va-t-il rester , mon père? Hélas ! comment le voir... sans gémir sur mon frère? Qu'il parte.
GUIDO
S'il s'éloigne , il est mort.
Il est mort !
GUIDO
Le tribunal condamne et punit le remord
Paolo!....
GUIDO
Mais sur lui je veillerai moi-même.
Et Rome peut lever son terrible anathèrae. Du pontife qui nomme ou dépose les rois Un tribunal sévère interprèle les lois.
FRANÇOISE, auec effroi.
Paolo... mon destin à présent se dévoile...
Pourquoi, lorsque mes pleurs vousdemandaienllevoilf^, Avez-vous,saiis pitié disposé de ma main? Oh! si ce Iribunal inflexible, inhumain, Condamnait Paolo....
GUIDO
Son malheur nous l'envoie j Des Guelfes irrités éclate en vain la joie j S'il était en péril, venant à son secours
Pour conserver les siens je donnerais mes jours.
GDIDO.
Ma fille , en ton esprit quel trouble se déclare?
Ah î ne me crojez pas.
GUIDO, à part.
Dieu!
FRANÇOISE, à part.
Ma tête s'égare.
{Haut. ) La pitié m'a saisie... excusez ce transport... J'implore son départ, mon père, et non sa mort.
GUIDO , rt lui-même.
Pour pouvoir, sans pécher, me livrer à ma haine , Je donnerais, je crois, mon duché de Ravenne.
(Haut.) Écoute-moi : tu sais quelle est notre maison : Aucune tache encor sur notre vieux blason! Ainsi cache aux regards l'effroi qui te domine , Et souviens-toi toujours de ta noble origine.