ACTE II, SCÈNE IX
Eh quoi ! Dante, c'est vous !... Je sais tous vos malheurs.
SORDEL
Que de fois j'ai relu ces cânzones plaintives Qui tiennent à vos chants les femmes attentives!
PAOLO , au Dante.
Le conseil de Florence a-t-il proscrit vos jours?
SORDEL
Vous aurez des amis.
GUIDO
Vos vers charment les cours Où vous apparaissez....
le dante, souriant avec amertume.
D'où parfois on m'exile , Où je n'obtiens jamais qu'une pitié stérile.
Il est cruel parfois d'en monter les degrés !
GUIDO
Si par les Gibelins vos talens égarés....
LE DANTE
Prince....
GUIDO
Venez chez moi.
LE DANffE.
Chez vous! (// tourne les yeux vers Françoise, la contemple, et pleure.)
BERTOLD.
Vous pleurez , Dante?
LE DANTE
En admirant madame et sa grâce touchante ,
Je songe à Béatrix, objet de purs amours ,
Montée aux cieux bien jeune, et que j'aime toujours %
(Avec extase.) Oh! quand notre beau ciel, la nuit, brille sans voiles, Je crois la voir passer le corps semé d'étoiles.
PAOLO
Pauvre ami!
Je vous plains.
Elle a beaucoup souffert.
Hélas!
LE DANTE
A tant d'amour son cœur était ouvert !
Vivez plus qu'elle !
bertold , brusquement
Allons! faites trêve à vos larmes.
(Au Dante.) Et vous, pourquoi vous plaire à nourrir ses alarmes?
le DANTE, étonné.
Moi!