‹ Françoise de Rimini: drame en cinq actesChapitre 46 sur 88 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

Les mains jointes, priant aux mtorchesde l'autel, Une vierge des cieux sous un dehors mortel.

Mais par un coup fatal sa main me fut ravie.... Sans elle désormais que faire de la vie?...

De Rome, pour la voir, je bravais ïe courroux, Je revenais....

LE DANTE

Eh bien!

PAOLO

Mon frêne est eon époux*

LE DANTE

Françoise l . . . Misérable ! ... Et tu l'aimes encore !

PAOLO

Dante, plus que jamais je sens que je l'adore.

LE DANTE

Et tu ne la fuis pas! O ciel! ces murs croulans N'ont pas déjà roulé sur tes membres sanglans! Tu restes, et la terre, à tes pieds ébranlée, Ne t'ouvre pas encore la terrible vallée, Séjour confus de pleurs, où les sombres damnés Se heurtent dans la nuit par les vents entraînés, Et, plongés en des feux, avec d'affreux blasphèmes, L'un sur l'autre acharnés se dévorent eux-mêmes ! Quoi! tu restes!

PAOLO

Du ciel interprète sacré, Ob! suspends ton courroux, parle, j'obéirai-

le dante , lui prenant la main.

Va, je t'adresserai des mots sortis de l'âme, Car j'ai souffert aussi , j'ai vu mourir ma dame , Ange, ornement du ciel, doux trésor de vertu. Toi que je vois déjà le front pâle, abattu, Aux lois des chevaliers tu te rendrais parjure !

paolo .

Plutôt que de flétrir une vertu si pure, A fuir dans les combats que je sois condamné, Que je sois comme un lâche en spectacle donné, Et, proclamé félon, en horreur à moi-même, Que je meure accablé du poids de l'anathême.

Ami, si tu dépeins nos malheurs si touchans, Quelle douce harmonie embellira tes chants!

Oh! qui les entendra sans répandre des larmes!... Mais moi ..qui me rendra tant d'amour, tant de charmes*? J'ai mérité sa haine, et je m'en punirai.

J'ai la vie en horreur.

LE DANTE

Ami....

paolo, avec désespoir.

Je me tuerai l

LE DANTE

Juste ciel! que ta main te frappe et s'avilisse!...

Ne penses-tu jamais à l'éternel supplice?

Ton sang n'est pas à toi! Tu parles de mourir?

Sans te plaindre du sort, homme, apprends à souffrir.

Dans l'exil, Paolo, la splendeur t'environne ;

Moi, pour me consoler,* je n'ai trouvé personne : }

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