‹ Françoise et FrancescaChapitre 40 sur 46 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

LÉONtRD.

Ce n'est pas vrai... c'est un mensonge!

francesca.

Je te remercie... et moi, en revanche, je te ilois la vérité. Je ne t'avais pas vu alors.... tu n'étais pas encore au Conservatoire... et surtout, tu ne m'avais pas ilit que lu m'aimais... Il y avait un banquier, un ayent de change, un petit blond...

LÉ()^ARn.

J'ai toujours détesté les blonds...

^nA^cESCA.

Qui avait un tilbury... et qui me proposa de m'épouser... moi, jeune fille, élève du Conservatoire !

LÉosAnn.

Et vous l'aimiez?...

FRAKCESCJ.

D'autres te feraient des phrases , et te diraient qu'entraînée par une passiori délirante... un penchant irrésistible... pas du tout : je fus entraînée par le tilbuty.... voilà ce qui me séduisit, m'éblonit, me tourna la télé... Le tiesir d'éclabousser mes compagnes du Conservatoire qui allaient à pied rue Bergère , une des rues de Paris les mieux crottées... la rue des Beaux-Aris !

LÉONARD

Je Ja connais.

FRA^CESCA.

Finalement , il m'offrit sa main et sa fortune... J'acceptai, et le lendemain il m'apprit qu'il ne pouvait tenir que la moitié de ses promesses, attendu tiu'il était déjà marié... LEO>ARn, avec indignation.

Quelle horreur !...

FRASCFSCA.

Mais qu'il mettait à mes pieds sa fortune, que je rejetai, ainsi que lui que je mis sur-lechamp à la porte, etqucje n'ai jamais revu... (Voyant Léonard qui prend son cliageuu et qui va sortir.) OÙ vas-tu?

LÉONARn.

Je vais le tuer !...

FIlAtSCESCA.

C'est inutile.

LÉONARD, élevant la voii.

Je vais le tuer!...

FRAHCESCA.

Il est mort.

LÉOKARn.

C'est dommage!

FRAHCESCA.

Mort depuis quelques mois!.... Et, maintenantquc tu sais tout, vois, Léonard , si le présent et l'avenir peuvent te faire oublier le passé.

i.ÉoriinD.

Oublier, moi !... cl qu'est-ce que j'ai donc à oublier?... n'avez-vous (tas été mariée en tout

bien tout honneur ?... de votre côté, du moins, puisque vous avez cru l'élre?... Et maintenant, n'êtes-vous pas veuve?

FRANCESC*.

A peu de chose près.

LÉONARD

C'est une veuve que j'épouse, et une brave, une honnête femme, en qui j'aurai plus de confiance qu'en toutes les mijaurées qui ne doivent leur vertu qu'au hasard, ou au manque d'occasions,

FRANCtSCA.

C'est quelquefois vrai.

LÉONARD

Mais vous, Françoise, vous, ma femme, mon ange gardien à moi et à toute votre famille... vous que j'aime, que j'estime, que je... je vais chercher le notaire.

Vraiment?

LKOSARD.

A l'instant même , et rien ne peut m'ariëter.

FI\ANCESCA.

Ah! passe chiz le comte, et dis-lui que je le prie d'être mon témoin.

LÉONARD

C'est dit.

FRAtICESCA.

De signer au contrat.

LÉONARD

C'est entendu.

FRANCESCA, lui montrant la porte de l'escalier dérobé. Par ici, tu arriveras plus vite.

LÉONARD

J'y cours.

(Il sort par la porte à gauche.)

OMgMûOQgoosoaûdOooooaoQooooooosooowooMdOMMOoewoooM

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