ACTE I, SCÈNE XI
Comment, vous continuez... Est-ce que vous devenez mauvaise, chère enfant? Prenez garde, de n'être plus drôle.
Non, ma chère amie, je deviens chagrine. Figurez-vous que la manie de maman est de faire de moi une femme de qualité. Il faut que j’épouse un titre, un sot, parce qu’il est comte ou baron, ou un borgne, parce qu'il est duc ou prince... en Espagne!
he duc de Bel ver, peut-être?
Précisément, avec son œil de porcelaine!
C’est encore le meilleur de ses yeux, l'autre est si méchant!
heureusement, mon père ne le protège pas, cet hidalgo! mais si j’écoutais maman... (So levant.) Est-ce que vous ne pourriez pas me trouver un mari qui aurait une espèce de blason et une espèce de figure humaine? Mais non : vous ne voyez presque personne, vous: vous devez bien vous ennuyer! Elle pa*e à
gauche *.l
Mais non ! je suis gaie. Est-ce que j’ai l’air d’une élégie? (Elle se lève.)
‘ Cléonice, Françoise.
CLÉOKICE.
Ah bah! vous êtes raisonnable; c’est effrayant comme vous êtes raisonnable. Maman nie dit toujours : « Je ne sais pas comment lu peux te plaire avec mademoiselle Laurent, qui n’a ni ton âge ni tes goûts. » Moi, je lui réponds que c’est une liaison qui me fait honneur, parce que vous êtes une personne de mérite. Alors elle dit : « A la bonne heure, si ca peut te faire passer pour instruite et spirituelle, car tu ne l’es guère; » et làdessus mon père arrive et dit d’un ton lugubre : « Ça n’est pas faute d’avoir payé des maîtres et dépensé de l’argent. »
M. Dubuisson n’a pourtant pas la mine d’un tyran. Il cède toujours.
En apparence! mais, au fond, jamais! Si vous l’aviez vu avec ce pauvre jeune homme qui m’aimait...
Ah! le fameux cousin? vous y pensez donc encore, à M. Jules Dubuisson?
CLÉONICE, se moquant d'elle- même,
llélas! pas trop!
FRANÇOISE, riant.
Alors vous n’en mourrez pas?
Qui sait?
CLÉONICE, de même.
Si vous l’aviez bien voulu, pourtant.